‹ Précis de grammaire arabeChapitre 98 sur 117 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

dans V ordre suivant : l"" sujet; 2"" verbe; 5^ régime direct 5 4"" régime indirect. Ex. : Ali keteb briïa le Mohammed «Ali a écrit une lettre à Mohammed». On pourra également dire : *^Omar dja « Omar est venu » ou dja "^Omar^ suivant que Von désire attacher plus d^ importance à la personne ou à V action. Toutefois, c^est surtout quand la prop>osition ne renferme pas de compléments direct ou indirect qu^on use de V a^itéposition du verbe devant le sujet, parce que cette construction est surtout réservée pour marquer V interrogation.

Du sujet du verbe

Aux yeux des grammairiens arabes le verbe gouverne son sujet au nominatif. Or^, si Ton observe qu'en arabe le mot régissant précède toujours le mot régi^ il s'ensuit que le sujet au nominatif doit suivre le verbe^ ce qui est conforme à la l'ègle générale énoncée ci-dessus. Mais^ en même temps^ il en résulte qu'aucun obstacle ne s'oppose à ce que le sujet^ qui n'est plus au nominatif^

précède le verbe^ ce que Ton obtient en plaçant ^|devant le sujet.

Toutefois il faut remarquer que le sujet au nominatif, qui est commun à plusieurs verbes^ se place immédiatement après le premier verbe et se trouve par conséquent avant les autres verbes^ de la même période.

Accord du verhe et du sujet. Le sujet est-il au singulier, F accord avec le verbe est complet, c'est-à-dire en genre, en nombre et en

personne. Ex. : cXwlj^f ^îon sortit»'; àUJ.-^.éJf ciA^U? «la

musulmane se leva».

Dès que le sujet est au duel ou au pluriel l'accord en personne est seul obligatoire. Pour le reste il faut distinguer : l"" si le sujet désigne ou non des êtres humains; 2"" s'il précède le verbe ou s'il le suit.

Tout nom au pluriel qui ne désigne pas des êtres humains est considéré, au point de vue grammatical, comme un féminin singulier. L'accord est alors le même que si le sujet était réellement

De la proposition 213

au singulier et du féminin. Ex. : -^Lj^Jf v^a^ «les vents souf-

fièrent»; cN ^^^S « des lettres arrivèrent » ; jLàaJI ^-^^j

«les mulets s'arrêtèrent».

Dans le style courant on admet quelquefois que les noms d'animaux soient considérés comme exerçant la même influence que les noms d'êtres humains, et alors on suit à leur égard la règle qui va suivre.

Tant que le verbe précède son sujet au pluriel et que celui-ci désigne des êtres humains^ on le laisse généralement au féminin

singulier. Ex. : ^^^L^âJI c^Jli* «les chrétiens ont dit»; v^^a^^U.:?:^

4c:^L^^^M «les musulmanes s'assirent».

Mais quand le verbe suit son sujet au pluriel et désignant des €tres humains^ il s'accorde avec lui en genre et en nombre. Ex. :

9 — ^ '•mm.,

1 ^JLï ^^^L^âJi «les chrétiens dirent»; i>\ ^âJi v^i^^i::^.

^.^La3 ^X^^aJ «les femmes sortirent pour laver leurs vêtements ».

Pour le sujet au duel, l'accord se fait en genre et en nombre dans presque tous les cas^ sans qu'il y ait lieu de distinguer s'il s'agit ou non d'êtres humains.

Dans le langage y V accord du sujet et du verbe est le même qu'yen français et les noms qui désignent des choses sont considérés comme devrais ijluriels. En outre, le pluriel féminin n'' étant pas usité dans le verbe, celui-ci sera donc toujours au masculin pluriel quel que soit le genre du sujet au pluriel.

Enfin la position relative du sujet et du verbe n^a aucune influence au sujet de V accord. Ex. : klierëdjou en-nesâ ou en-nesâ kherëdjou «les femmes sont sorties».

Du régime direct

Le régime direct, exprimé par un nom, se met au cas direct; exprimé par un pronom, il prend la forme du jironom régime.

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Ex. : K-é.^ « j^^î mangé du poisson»; t^^^i:^. v.i:aj^^ «tu

as bu du vin»; viLAjf^ «je t'ai vu»; |Si..^A^AAw «je les ai livrés»; y^-^^^'^ «tu les as mariées».

Du régime indirect

Toutes les fois que la préposition est exprimée en arabe devant un régime indirect celui-ci se met au cas indirect^ si c'est un nom; il s'exprime par un pronom affixe^ si c'est un pronom.

Ex. : lXj^ xjCxjCi «je Tai écrit à Zéïd»; ^Ujn.^ «je l'en ai frappé ».

L'usage permet^ après certains verbes^ de supprimer la préposition qui devrait précéder le régime indirect; dans ce cas le nom

se met au cas direct. Ex. : R-ocV^' f «ie suis entré dans^

la ville» au lieu de àLijcX.4Jt X\ v^X:b^L>.

Il y a lieu de faire deux remarques au sujet du régime indirect :

1^ La nature des compléments n'étant pas toujours la même en arabe qu'en français, il arrive que le régime direct du verbe français est le régime indirect du verbe arabe correspondant, et

vice versa. Ex. : ^^^LaJ ! ^^^^^ « il recommanda l'orphe-

lin au cadi», mot-à-mot «il recommanda le cadi au sujet de l'orphelin » .

2^ Certains verbes arabes se construisent avec deux cas directs,

celui de la personne et celui de la chose. Ex. : y^^^ ' ô<l yl \ ci/.^^^ «j'ai enseigné la grammaire à l'enfant». Dans ce cas le nom de la personne se place avant celui de la chose.

Les verbes de la et de la iv"^ forme, ceux qui signifient donner régissent le plus souvent deux cas directs. Le dictionnaire fournit à cet égard des indications précises.

De la proposition

La déclinaison étant pas usitée dans le langage^ il n'^y aura donc pas lieu d'y appliquer les règles ci-dessus. Quant à la sup- X^ression de la préposition devant le régime indirect y elle n^est pas admise en parlant ^ sauf de rares exceptions qui sont des réminiscences de la langue écrite.

De l'article

En dehors de sa valeur habituelle, qui est de marquer la détermination, Tarticle défini Jl est encore employé à indiquer qu'un nom commun est pris accidentellement comme nom propre. Ex. : ^^^yi «lecture, récitation», ^y^yjiiS «la Lecture, le Coran»; a5.J]^ «divinité», «la Divinité, Dieu»; ce mot se contracte

presque toujours en : iJJf.

L'article défini ne s'exprime jamais devant un nom qui a un complément annectif. Ex. Jo^ ^\JS «le livre de Zéïd». Le numératif cardinal semblerait faire exception à cette règle, mais il convient de remarquer que le nom qui le suit n'est pas un véritable complément annectif.

Là où la langue française emploie l'article défini, la langue arabe fait souvent usage de la forme possessive. Ex. : 2Cvuf s «il leva la tête», mot-à-mot «il leva sa tête»; »J^^ scXi^' «il le prit par la main», mot-à-mot «il le prit par sa main».

Enfin Jl, devant certains mots, est une forme abrégée du pronom relatif qu'il ne faut pas confondre avec l'article défini.

Le tanouïn, dont la valeur habituelle est celle de l^article indéfini, ne saurait figurer sur un nom qui a un complément annectif. Si l'on a, par exemple, à dire : «un membre du divan», on sera obligé de tourner l'expression de la façon suivante : «un

membre parmi les membres du divan» ^^y^.ô^\ aL^I y^^à^.

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On pourrait également se servir de l'expression : ^ 5 y^àL^.

^i^jJJl; elle serait moins exacte.

Lorsque le complément annectif indique la matière dont est fait un objet^ la préposition peut ne pas s'exprimer; le nom de la matière se met alors au cas direct et le nom de l'objet conserve

le tanouïn. Ex. : L^<3 ^Lij<3 «un dinar d'or»; (^^-^L^ «une

bague en argent».

On trouvera dans le livre j^'^emier, au chapitre de l'article, la syntaœe de Varticle dans le langage.

Du pronom personnel

En général^ le pronom sujet ne doit pas accompagner un verbe. Cependant^ on l'exprime quand il y a antithèse ou qu'on veut rendre la locution française «c'est moi qui»^ «c'est toi qui», etc.

Ex. : v-ôf viiJGâP^ LS t ^'j'^i pleuré et tu as ri»; ^^J^

^IjcXlff «c'est lui qui a écrit la lettre». Dans ce dernier cas on pourrait également se servir du pronom régime précédé de et dire : v^Ulxil v^^Jo ^ôf.

La première personne s'énonce avant la deuxième et la deuxième avant la troisième, sans qu'il y ait jamais lieu d'intervertir cet ordre par politesse comme cela se fait en français.

Dans une phrase nominale «c'est moi qui», «c'est toi qui» se rend en répétant deux fois le pronom, la première fois avec qui exige, comme on sait, un pronom régime. Ex. : viL3|^ csi'Lc «c'est toi qui es intelligent» ou «toi, tu es intelligent».

Outre son emploi normal avec la valeur de régime, le pronom affixe sert surtout à marquer la possession. Il est alors considéré comme le complément annectif du nom auquel il se joint, et c'est pour cela que ce nom ne doit jamais avoir ni l'article défini, ni le

De la proposition 217

tanouïn : ^cX-? « ta main » équivaut en réalité à « la main de toi » .

Lorsqu'on veut exprimer la possession avec un nom indéterminé, il est nécessaire d'employer une tournure analogue à celle que nous avons déjà donnée à l'occasion de l'article indéfini. Ainsi

«un de mes livres» se dira (^^-y^ S^'"^^ mot-à-mot «un livre de mes livres », ou encore livre à moi».

Il est permis, pour appuyer sur le complément direct exprimé par un pronom, de placer le pronom régime devant le mot qui le

régit, mais alors il faut l'affixer au mot invariable qui n'a dans ce cas aucun sens, Ex. : 4Xoi3 CJLj^ «c'est toi que nous adorons », au lieu de cJiX^^jti. On trouve même quelquefois le pronom régime exprimé deux fois. Ex. : ^^iiiLi ^^.l^ «et c'est moi qu'il faut craindre», mot-à-mot «et moi alors craignezmoi » .

11 peut arriver que les deux compléments d'un verbe, qui régit deux cas directs, soient exprimés par des pronoms. Si les pronoms sont de deux personnes différentes, on peut les accoler l'un à

l'autre ou placer le second après le mot Lj;|^. Ex. : }^\lo.£^ «il te

Ta donné», ou sLj| ^Lbx:f. Quand les deux pronoms sont de la

même personne il est de règle de les séparer: sLb.^:! «il la

lui donna».

Dans le cas où il y a deux pronoms, celui qui se rapporte à la personne, jjrécède celui qui se rapporte à la chose.

11 arrive souvent que le pronom régime est employé d'une manière explétive, par exemple dans les circonstances suivantes :

La conjonction «que» gouvernant le subjontif ne saurait se placer devant un verbe au prétérit. Cependant, si le sens exige que le verbe reste au passé, on remplace par son synonyme

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