‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 116 sur 320 · DES NOMBRES. 23T · texte numérisé non relu

DES NOMBRES. 23T

ce nombre ; le latin, au contraire, l'avait perdu de très bonne heure. On a soutenu qu'il s'était reformé à l'époque de la décadence et que du latin vulgaire il était passé en français. On a remarqué, en effet, que quand il s'agit de deu? personnes ou de deux choses, le vieux français emploie U forme du pluriel en faisant précéder le nom de l'adjectii uns ou unes suivant que ce nom est masculin ou féminin. En voici un exemple. On trouve dans Aucassin et Nicolette, 24, la phrase suivante : Unes jurandes joes et un grandisme nés plat^ et unes granz narines lées et unes grosses lèvres plus rouges d'une carbounée. Traduisez : Deux grandes joues et un très grand nez plat, deux grandes narines larges et deux grosses lèvres plus rouges qu'un rubis. Toutefois, on pourrait traduire aussi : de grandes joues, de grandes narines, car l'ancienne langue avait, comme nous le verrons, la faculté d'employer avec les noms au pluriel, le pluriel de l'article indéfini un avec le sens que nous donnons au partitif de, des. Il est donc difficile de savoir si nous avons affaire, dans cet exemple et dan& d'autres semblables, à une forme particulière, et si vraiment il a existé un duel en ancien français

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