DÉCLINAISONS MASCULINES
La langue moderne a conservé dans deux mots distincts le sujet et le régime du mot homme. Le régime est le substantif encore usité aujourd'hui; le sujet est devenu le pronom indéfini Ton, on.
Toutefois les deux mots cités sont les seuls qui aient gardé en français ces formes compliquées. Les autres noms du même genre comme lepus, qui auraient dû se décliner de la même façon, ont subi l'influence de l'analogie.
On disait en latin :
SINGULIER
PLURIEL
Nominatif:
Accusatif:
lepus, leporem,
lepores.
lepores.
Ces formes eussent donné en français, avec la suppression ordinaire de s au sujet pluriel :
SINGULIER
PLURIEL
Sujet :
Régime :
liés, lièvre,
lièvre, lièvres.
Mais par un travail de simplification, le latin vulgaire rapprocha le thème du sujet et du régime singulier, il refit sur l'accusatif un nominatif barbare : leporis, d'où le sujet français lièvres dériva directement. La déclinaison de lièvres fut par suite, entièrement semblable à celle de pains et de murs,
2« cas. Noms imparisyllabiques qui déplacent V accent. Un certain nombre de noms latins de thèmes et de désinences diverses ne portaient pas à l'accusatif l'accent sur la même syllabe qu'au nominatif. Ainsi le nominatif prèshyter (prêtre) est accentué sur le premier e, l'accusatif /jresôî^^erMm l'est sur Vy. Le nomindXiî imper àtor (général) porte l'accent sur l'a, l'accusatif impera^drem le porte sur l'o. Dans beaucoup d'autres mots il y a ainsi balancement de l'accent.
Tous ceux d'entre eux qui ont passé en français, devaient, suivant les règles de la phonétique, avoir au sujet et au
régime deux formes très distinctes, parfois même tout à fait éloignées. En effets présby ter donneenfrançais/jres^re, tandis que presbï/terum donne prouv aire ; Les deux formes du pluriel où l'accent ne varie pas, ne difTèrent que par la présence d'un s au régime; sujet : prouvaire; régime : prouvaires.
Se déclinent de la même manière :
des noms en or, orem (particulièrement les noms d'agents en tor, torem). Ex. :