EMPLOI DES CAS
encore erronée, puisque x n'a pas de raison d'être, et n'a été introduite dans ces mots que par confusion.
Quand un ^oupe de consonnes se trouvait avant le s de flexion,
Si le groupe était formé d'une vibrante suivie d'une nasale, la nasale tombait : firmus donnait /ers ; hibernus donnait /liverz;
Si le groupe était formé d'une liquide suivie d'une muette, la muette tombait, et s se changeait en z si la muette était unedentale : col(a)pMS' donne cols (coup), ^orti^s, porz.
Si le groupe était formé d'une nasale et d'une muette, la
muette tombait devant s : campws donne c/ianz, sauQuis donne sanz.
Si le groupe était formé d'un s suivi d'une dentale, le premier s tombait et la dentale se combinait avec les de flexion : hostes donne oz (les armées), cests = cez^ fr. mod. ces.
«o». Emploi des cas. — La perte complète de la déclinaison dans la langue moderne nous dispense d'entrer dans de longs détails au sujet de l'emploi que l'ancienne langue faisait des cas. Nous n'en donnerons donc qu'un exposé rapide, suffisant pour expliquer les quelques archaïsmes où les anciennes habitudes syntaxiques se sont conservées, et en même temps faire apprécier de quelle utilité pouvait être une déclinaison même réduite, qui donnait à la phrase, assurée toujours d'être claire, plus de liberté dans l'ordre des mots.
t08. Règles générales. — Autrefois se mettaient au cas sujet, le sujet et l'attribut avec les mots qui en dépendaient; au cas régime, le régime et ce qui s'y rapportait, que ce régime dépendît d'un verbe ou d'une préposition. Exemples :
Sujet : Li arcevesques est mult bons chevaliers [Rol.^ 1673). (L'archevêque est un excellent chevalier.) Dur swnUi colp e li caples es^ griefs [Bol., 1678). (Rudes sont les coups et la mêlée est terrible.)
Régime : N'en ad meillur en tere desuz ciel [PwL^ 1674). (Il n'y en a pas de meilleur sur la terre,
sous le ciel.) Tanz bons vassals veez gésir par tere [RcL,
1694). (Voyez tant de bons vassaux couchés par
terre.)
«09. Emplois particuliers. — A, Le cas sujet s'employait souvent là où les Latins auraient mis le vocatif, c'est-à-dire pour appeler quelqu'un :
Deus père, nJen laissier hunir France (Roi., 2337). (Dieu le père, ne faites point cette honte à la France.)
B. Le régime s'employait dans différents cas où il arrive souvent que nous l'employons encore aujourd'hui. Ainsi dans les compléments circonstanciels de temps. Ex. :
L'endemain, je li envoiai drap pour faire une robe. (Joinv., XXX.)
Nous disons encore : le lendemain, la nuit, etc. (Voy» aux Prépositions.)
Il marquait la durée. Ex. :
Set anz tuz pleins ad estet en Espaigne. (Bol., 2.)
la valeur, le prix. Ex. :
Un paveillon que li roys d'Ermenie envoia au rcy de France, qui valoit bien cinq cens livres. (Joinv., XXXI.)
la direction. Ex.: