DE L ADJECTIF
«to. On appelle adjectif (du latin adjectivum, qui ajoute) un mot qui sert à ajouter à l'idée d'un être celle des qualités de cet être, c'est-à-dire, d'une façon générale, à le déterminer.
L'adjectif est, en français comme en latin, un mot variable en nombre, en cas; en outre, et c'est là ce qui le distingue essentiellement du substantif, en genre. L'adjectif a un féminin et aussi un neutre qu'on emploie en français dans quelques cas, par exemple quand l'adjectif se rapporte à un pronom neutre.
211. Déclinaison latine des adjectifs. — Sous le rapport de la déclinaison, il n'y a guère en latin que deux types d'adjectifs essentiellement distincts.
P Les uns, comme bonus, se déclinaient de la façon suivante :
MASCULIN FÉMININ
NEUTRE
Nominatif:
Accusatif:
bonus, bona., bonum, 6onam,
PLURIEL
bonum.
bonum.
Nominatif :
Accusatif:
boni, 6onae, 6onos, bonaiS,
bondi, bondi.
A cette classe appartenaient d'autres adjectifs qui ne différaient de ceux-ci que par leur nominatif singulier masculin terminé en er, tels que :
niger, nigra, nigrum.
2<* Les autres adjectifs, du type de fortis, suivaient la troisième déclinaison des noms et faisaient :
SINGULIER
MASCULIN FÉMININ
NEUTRE
Nominatif :
Accusatif :
fortis, fortis, fortem, fortem,
PLURIEL
forte, forte.
Nominatif; Accusatif:
fortes, fortes, fortes, fortes,
fortia.
fortia.
Cette classe comprenait aussi des adjectifs analogues à pruJens et à celeber qui ne différaient du précédent qu'au nominatif et au vocatif, qu'ils avaient en ens ou en er et non en is. Ex. : celeber et non celebris.
Le latin populaire modifia encore ce système déjà simple.
Tout d'abord le nombre des cas fut réduit pour l'adjectif comme pour le substantif à deux : un sujet, un régime.
Puis, les adjectifs de la deuxième classe en er, accusatif en em, dont nous avons parlé, furent par analogie assimilés à ceux de la première classe en er, accusatif en um : a^ery acrem devient : acer, acrum.
En outre, et par une transformation plus complète, tous ces adjectifs en er furent traités comme ceux en ws, niger et bonus eurent les mêmes formes. Il ne resta donc plus que deux déclinaisons distinctes, différentes en ce que la deuxième n^a pas de forme spéciale pour le féminin. L'ancien français conserva également ces deux déclinaisons.