‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 148 sur 320 · II. Nombres ordinaux · texte numérisé non relu

II. Nombres ordinaux

%34. Formation des noms de nombres ordinanx. — Le

français ancien avait quelque temps conservé les habitudes et les formes latines, le français moderne les a complètement abandonnées.

Primus (premier) avait donné en vieux français : prim, prime^ aujourd'hui disparu sauf dans quelques locutions archaïques. Ex. : de prime saut, de prime abord^ etc..

Une forme dérivée de la précédente, primarius, a donné : premiers, qui fait au régime : premier, et au féminin : première, encore en usage de nos jours.

Premier à son tour avait donné avec le suffixe anum,, ain le dérivé premerains, au féminin premeraine, au régime premerain, autrefois très usité. Ex. :

Blancandrins ad tut-gTemQVQmsparlet. (Roi, y 122.) (Blancandrin a tout le premier parlé.) Premerains a disparu.

Secundus (deuxième] n'a rien donné dans la langue popu-

laire. Le vieux français se sert de a/^re, autre (lat. alterum). De la forme cardinale dous^ deux^ il dérive ensuite avec

un suffixe que nous allons constamment retrouver, la forme

deusime, deusième.

Enfin la langue savante reprend secundus au latin, sous

la forme second.

Tertius (troisième) avait donné en ancien français tiers (sujet et régime), féminin tierce (tertia).

Ces formes se retrouvent dans un assez grand nombre d'expressions : le tiers état^ un tiers expert, accompagner en tierce, une tierce personne, deux tiers.

De trois, par le procédé déjà signalé, on a tiré : troisime, troisième.

Quartus était devenu en ancien français quarz, régime quart, féminin quarte.

Le masculin est encore usité dans les fractions. Ex : trois quarts.

Le féminin a donné des expressions usuelles dans le langage de l'escrime et de la musique. Ex : l'accord de quarte, parer en quarte.

Quatre a donné quatrième, qui a remplacé quart.

Quintus était passé en ancien français sous la forme quinz, régime : quint, féminin : quinte. Il est resté dans des noms propres comme : C/iar/es-Quint, et dans le substantif féminin : quinte.

Les noms de nombre qui suivent, terminés par e muet, même au masculin, et qui se déclinaient sur tiède, ont presque tous totalement disparu de la langue.

Ce sont: siste (sextum), sedme, sieme (septimum), oidme (♦octimum), huitave, uitieve (octavum), huitain (de huit suivi du suffixe: ain), noefme {no\\m\im),none (denonwm) conservé dans la liturgie, novain (de novem plus le suffixe anum), disme (decimum) conservé dans le nom de la dîme, la dixième partie; diccain, dizaine restés comme substantifs, etc....

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