I. Pronoms personnels
IS39. Déclinaison des pronoms personnels. — Les
pronoms personnels, comme les démonstratifs, avaient en
latin une déclinaison à six cas. En français, les pronoms ont dans l'origine conservé trois des cas latins : le nominatif a donné le cas-sujet, l'accusatif le cas-régime, et le datif (Voir page 239) un troisième cas appelé généralement régime indirect.
*38. Formes toniques et atones. — Les pronoms personnels étaient tour à tour toniques ou atones. En effet, si le pronom se trouvait à la fin de la proposition, comme dans cette phrase : veni ad té (je vins à toi), te portait l'accent.
Quand au contraire il précédait le verbe, ce qui était fréquent, il s'appuyait sur le mot suivant ; il était proclitique, comme disent les grammairiens, et dans ce cas n'avait pas d'accent tonique. Dans les deux mots te video (je te vois), il n'y a qu'un accent, il est sur la première syllabe de video. On n'accentuait /e que si l'on voulait insister sur l'idée marquée par ce mot ; en prononçant : té video ^ on rend en latin non seulement l'idée exprimée par le français : je te voiSy on indique une nuance de plus, quelque chose comme le français : c'est toi que je vois. Ainsi, même sans changer de position, les pronoms latins peuvent être toniques ou atones.
Or, on sait que, suivant les lois phonétiques, les voyelles subissent des transformations toutes différentes suivant qu'elles sont atones ou toniques : par exemple, e atone n'a pas le sort de e tonique (Voy. page 100). ^e atone sera en français te, té tonique donnera tei, puis toi. En principe, chacun des pronoms français doit donc avoir deux formes distinctes correspondant à une forme unique en latin. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et il arrive souvent, comme nous le verrons, ou qu'une de ces deux formes n'a jamais existé, ou qu'après avoir vécu un certain temps elle s'est éteinte.
»39. i'^ et «« personnes. — Voici la déclinaison des
PREMIÈRE ET DEUXIÈME PERSC<NNES. 287
pronoms français comparée à celle des pronoms latins correspondants ;
A. SINGULIER