‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 162 sur 320 · PRONOMS POSSESSIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS POSSESSIFS

demeure encore obligatoire. Et l'analogie est si forte que, même dans ce cas particulier, il suffit qu'un mot adjoint au sujet introduise dans la phrase une certaine détermination pour que le pronom personnel reparaisse. C'est ainsi que J.-J. Rousseau a pu dire très correctement : Ce divin modèle que chacun de nous porte en lui ; le mot nous étant en réalité le sujet logique de la phrase.

En résumé, le pronom soi, sauf dans les locutions où il est consacré, tend à disparaître, et on ne peut que le regretter avec Littré. La clarté du discours y perd, et aussi le style. Il suffit, pour se rendre compte des services que rendait le réfléchi, de se rappeler l'exemple de Corneille que nous citons plus haut :

Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lu:.

Il nous serait impossible dans la langue moderne de marquer ainsi cette antithèse.

IL Pronoms et adjectifs possessifs,

S58. IVature des adjeclif^» pronominaux possessifs. —

Des pronoms personnels dérivent des mots que l'on appelle généralement pronoms possessifs. Ces mots, si on les considère dans leur sens aussi bien que dans leur forme, sont plutôt des adjectifs que des pronoms. Quand on dit : mon fils, le possessif mon sert à marquer qu'il existe un rapport de possession entre ce fils et ma personne, mon est l'adjectif possessif du pronom singulier de la première personne : je, moi. A chacun des pronoms personnels correspond un adjectif du même genre, qui peut devenir pronom en se faisant précéder de l'article, tout comme un autre adjectif devient nom.

Gomme les adjectifs, les pronoms possessifs n'ont jamais

eu en français que deux cas : le cas-sujet et le cas-régime, et non trois comme les pronoms. En revanche, comme les pronoms, et pour les mêmes raisons, ils ont une forme atone et une forme tonique distinctes, issues toutes deux d'une même forme latine. (Voir § 241.)

!■•% 2« et 3" personnes du singulier.

t59. Première personne.

A. [Singulier.

MASCULIN

Latin. Français.

Forme atone : Forme tonique :

Sujet :

meus,

mes, mis,

Régime :

meum,

mon,

FÉMININ

mien.

Sujet :

Régime •

mea, meam,

1 ma,

NEUTRE

meie, moie.

Cas unique ;

meum,

mien.

B. Pluriel.

MASCULIN

Latin.

Français.

Forme atone :

Forme tonique :

Sujet :

met,

mci, mij

Régime :

meos,

mes,

FÉMININ

Sujet :

Régime :

*meas, meas,

j mes,

mcies, moies.

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