PRONOMS POSSESSIFS DU SINGULIER
de la deuxième personne a eu ainsi des formes venant de teus et d'autres venant régulièrement de luiis. Les voici :
A. Singulier.
MASCULIN
Formes atones : Formes toniques :
Sujet : tes, tis (*teus),
Régime : ton, > tuen (tuum), tien (*teum).
FÉMININ
Cas unique .
ta,
tue, toe (tuam), <e»e, tote
NEUTRE
Sujet :
Régime :
j tuen (tuum), tien {*teum), B. Pluriel.
MASCULIN
Formes atones : Formes toniques :
Sujet : tei, ti {*tei),
Régime : tes,
FÉMININ
Cas unique : tes, tues, toes (tuas), teies, toies (*tcas).
«Gl. Troisième personne. — Le pronom latin était : siius, sua, suurriy mais, comme tuuSj il a été assimilé, en partie au moins, à meus. Il est inutile de donner la liste dos formes françaises de ce pronom, elles correspondent exactement à celles de la deuxième personne, on n'aura pour les trouver qu'à changer le t en s. Ex. : Le sujet masculin de la deuxième personne est tiSy tes^ celui de la troisième est sis y ses, ainsi de suite.
862, Origine des pronoms mien, tien, sien. — Telles sont les formes re'gulièrement dérivées des possessifs latins Mais le fran^^ais ne tarda pas à en créer d'autres qui n'oni
pas de correspondants en latin. On a vu que les trois pronoms mis, tis, sis font, au régime singulier masculin tonique, mien, tien, sien. Ces dernières formes ont eu en français une singulière fortune. On a d'abord refait sur elles tontes les formes toniques qui manquaient. Mien a eu ainsi un sujet singulier miens, un sujet et un régime pluriel mien, m^iens. De même pour tie7i et sien. Ensuite la langue est allée plus loin; bien qu'il existât déjà des formes toniques féminines ; m,eie, moie, toe, toie, etc., elle a donné par analogie un féminin à mien^ tien, sien, savoir : mienne, tienne, sienne.
Ces formes analogiques entrèrent dès lors en concurrence avec les formes régulières. Celles-ci résistèrent assez longtemps. On trouve encore au xiii^, voire au xiv^ siècle, moiCy soie employés comme anciennement. Ex. :
La coulpe n'iert pas moie (Joinv., LXXXV.)
(La faute ne sera pas mienne.)
Aidier vucil (veux) une moie amie
Con veult ardoir (brûler) .
(Miracles de Nostre-Dame^ I, 195.)
Mais les féminins mienne, tienne, sienne finirent par triompher et ont seuls survécu.
263. Emploi des formes toniques et atones. Pr<;L.»ms et adjectifs possessifs. — L'ancienne langue ne distingue pas régulièrement dans les possessifs les formes atones des formes toniques. Si l'on ne trouve pas les premières em-' ployées comme pronoms, en revanche il arrive souvent qu'en rencontre les secondes là où l'on attendrait des adjectif . Ma, ta, sa ne remplacent pas meie, teie, seie, toe, so( ; mes ne remplace pas miens, mais le contraire arrive souvent. On trouvera : à la toe merci ou à la tienne merci pour à ta merci.
Au xvi^ siècle encore, il n'est pas rare de rencontrer