‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 164 sur 320 · ACCORD DES POSSESSIFS · texte numérisé non relu

ACCORD DES POSSESSIFS

mieriy tien, sien accompagnant un substantif en qualité d'adjectifs. Ex. :

Bien qu'il soit fugitif et qu'il n'ait en partage Sinon du père sien la force et le courage.

(Rons., A Henry IL)

Par archaïsme, nous disons même encore, surtout plaisamment : un mien ami, un sien cousin.

Mais d'une façon générale mien, tien, sien ne s'emploient plus comme adjectifs qu'en qualité d'attributs :

Leclerc répond : Elle est mienne et non vôtre . (Rac.)

Encore préfère-t-on se servir du pronom personnel et dire : Elle est à moi et non à vous. Aussi peut-on considérer que les possessifs toniques sont aujourd'hui exclusivement des pronoms qui, précédés de l'article, remplacent des substantifs antérieurement exprimés. Ex. :

Toute leur majesté n'est rien auprès de la tienne.

S04. Accord des adjectifs possessifs. — Les pronoms et

adjectifs possessifs suivent dans l'ancienne langue les règles ordinaires de l'accord et varient en genre, en nombre et en cas suivant le ou les noms auxquels ils se rapportent. Ex. :

Tu n'ies mis hum ne jo ne sui tis sire. (Roi., 318.) (Tu n'es pas mon homme, et je ne suis pas ton seigneur.) Kar mult vuspreiset mis sire e tuit si hume, [Ih., 636.) (Moult vous prise mon seigneur et tous ses hommes.) L'uns à Valtre /a sue feid plevit. (Roi., 403.) (L'un à l'autre promit sa foi.) Ses pères la perdi par jugement. (Joinv., XIV.)

Dès le commencement du xiv® siècle, ici comme ailleurs, les cas-sujets disparaissent; on en trouve encore des exem-

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pies dans les auteurs du temps, ainsi dans Eust. Deschamps

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