Emploi des prononiis simples et des pronoms
composés. — Le même instinct qui avait amené à composer des démonstratifs plus expressifs poussait la langue à les substituer partout aux simples. Au xvi" siècle, il sembla un moment que ce changement dût être complet. Pourtant les démonstratifs simples supplantés dans un certain nombre de leurs emplois sont parvenus à se maintenii dans quelques-uns. L'histoire de cette concurrence entre les deux groupes de formes constitue le premier et le plus important chapitre de l'histoire de la syntaxe de ces pronoms.
A. Ce et ses composés : ceci, cela.
L'ancienne langue faisait du pronom iço, ço, ce, le régime direct d'un verbe. Ex. :
Iço vus mandet reis Marsilies li bers. (Roi., 125.)
Nous traduisons : Le roiMarsile vous mande ceci.
Ce pouvait être également régime d'un verbe suivi d'une préposition. Ex. :
SHls n'estoyent à ce marquez et destinez par la vertu de Dieu, (Galv., IV, 19, 2.)
Nous dirions : destinés à cela.
Toutefois les pronoms ceci et cela, dont le sens est bien déterminé et très distinct du sens vague de ce, ne l'ont pas entièrement chassé, tant s'en faut.
Ce est toujours très usité, comme sujet du verbe être pris impersonnellement, ex. : c'est faux, c^est juste; comme antécédent d'un relatif, ex. : ce qui passe, ce que je crois, enfin dans certaines locutions archaïques : ce semble, sur ce, pour ce faire, ce disant, et autres.
Il faut en outre remarquer qu'il entre dans un certain nombre de locutions conjonctives, telles que : de ce que, parce que, etc.. Sa présence dans ces locutions s'explique