EMPLOI DES CAS ET DES GENRES
lurel dans la syntaxe. Tant que la vieille déclinaison a vécu et qu'on a pu dire : H murs la cité, le mur de la cité, sans exprimer la préposition de^ on a pu employer aussi cui pour dire de qui, à qui, sans faire précéder cui des prépositions de ou à.
Ex. ; Gautier, signour de Rinel, cui fille Jehans, sire de Joinville, prist puis à femme (Joinv., XGI). (Gautier, seigneur de Rinel, de qui Jean, sire de Joinville, prit depuis la fille comme femme.)
Je le vi en un ost (armée) le conte de Chalon, cui (de qui) cousins il estait, (Id., LV.)
Dame, cui (à qui) la grâce est donée • Uestredes angles (anges) coronée. (Ruteh., Il, 132.)
La chute de la déclinaison entraîna la disparition de cette tournure.
«80. Emploi des gpenres. — Le neutre, nous l'avons dit, était distinct, dans les pronoms relatifs, du masculin-féminin. Toutefois le sujet singulier que n'a jamais été employé bien régulièrement. Déjà Froissart lui substitue ordinairement qui, et de nos jours qui est devenu la forme du sujet pour tous les genres. On ne rencontre plus que sauf dans une formule toute faite : advienne que pourra, et en qualité d'attribut du verbe être. Ex. : je suis ce que^e suis,
La forme du régime indirect neutre quoi a une histoire plus longue et plus variée. Peu usitée au début, elle s'étendit vers la fin du Moyen Age, et on la rencontre très fréquemment dans le moyen français et même dans la langue classique.
Quoi s'emploie alors après une préposition et peut se rapporter à un antécédent déterminé, que cet antécédent soit un nom de chose ou même un nom de personne (masculin ou féminin). Ex. :
Li clou de quoy les planches de la neif estaient atachies. {Joïnv., II.)
Li dus Bourgoingne de quoi je vous ai parlei. (Id., GIX.)
Pour la doubte en quoy il se veoit^ il fut contrainct de leur acorder toutes leurs demandes. (Gomm., Il, 4.)
Vetins envoya un gentilhomme lui offrir le cheval sur quoi il estoit venu, (D'Aub., H,, II, 553.)
Mais quoi est aujourd'hui beaucoup moins employé; il ne peut plus avoir d'antécédent déterminé, aussi ne le rencontre-t-on plus guère que précédé des indéfinis ce, new, ou bien en qualité de pronom absolu. (Voir au paragraphe suivant.) Dans les autres cas il a été remplacé par les relatifs qui, lequel, dont, où.