RELATIFS CONJOINTS ET RELATIFS ABSOLUS
Ex. : Je sais bien à quoi vous faites allusion. Je devine de quoi vous parlez.
Que au contraire, sauf le cas mentionné plus haut où il est suivi d'un infinitif, ne se rencontre plus sans antécédent, qu'on parle de choses ou de personnes. Si Ton parle de choses, on a recours à un pronom conjoint. On ne dit plus je sais que tu veux, mais : je sais ce que tu veux. Si l'on parle de personnes, on se sert du pronom qui, même au régime direct. Ex. : Cherchez qui vous voudrez, et non que vous voudrez, bien que, de toutes façons, le pronom, qu'on le rapporte au verbe cherchez ou au verbe voudrez. soit un régime.
Qui se trouve comme pronom absolu eh qualité de régime direct, nous venons de le voir, et en qualité de régime indirect, après une préposition quelconque.
Toutefois il est rarement sujet. On peut dire encore et très correctement comme dans l'air de Carmen : Et qui m'aime y viendra. Mais ce tour n'est plus guère usité que dans des formules toutes faites : Sauve qui peut! ou dans des proverbes comme : Qui dort dîne. Qui trop embrasse mal étreint.
Qui ne s'emploie plus ainsi avec un verbe au pluriel, ni avec un attribut au féminin. Il est une sorte de pronom indéterminé du masculin et du singulier.
Il a beaucoup servi autrefois avec cette valeur indéterminée soit qu'il eût comme antécédent logique le pronom indéfini en soit qu'il n'eût aucun antécédent, il était l'équivalent du si quis latin et correspondait à notre expression moderne si on. Ex. :
Là peut on veoir dames noblement parées... qui euist loisir. (Froiss., I, 45, 11.)
Qui voudra encor voir histoire à propos., il faudroit lire le testament de Salboeuf. (D'Aub., II, 264.)
La volonté n'est rien., qui ne profite (quand on n'est pas utile aux gens) ; le profiter n'est rien, qiii n'en a la volonté. (Malh., II, 179.)
Aujourd'hui, pour employer qui dans le même sens, il faut que
la phrase relative ait le même sujet que la principale, encore ne le peub-on pas toujours, nous l'avons dit. Il reste cependant une trace de l'ancien usage dans la locution : comme qui dirait.
S8*. liC pronom quiconque. — Quiconque vient du latin quicumque, dérivé de qui. C'est un pronom relatif indéfini à forme invariable. Il n'est jamais adjectif, contrairement à quelconque qui l'est toujours, et ne s'emploie que sans antécédent et au singulier. Ex. :
Quiconque est riche est tout; sans sagesse il est sage
(Boil, Sat., VIII.)
On ne trouve plus dans la langue moderne ce relatit indéfini que dans des phrases analogues à la précédente, où il est sujet d'une proposition accessoire. Autrefois l'emploi en était plus étendu. Quiconque se rencontre sans verbe, construit comme un véritable indéfini. Ex. :
H y en a qui se laissent tellement aller à une envie de railler de toutes choses et de quiconque, qu'ils le jont sans ménagement et sans égard. (Bourdaloue, Retr. sp.^ 6' jour L.)
On le trouve parfois repris par il dans la phrase principale. Exemple :
Quiconque ne résiste pas à ses volontés^ il est injuste au prO' chain. (Bossuet, Serm. Quinq., I. L.)
Depuis Vaugelas ce tour est considéré comme incorrect.
283. Le pronom lequel, — Lequel, pronom relatif que nous retrouverons aussi comme interrogatif, est formé de l'adjectif quel précédé de l'article. C'est seulement vers le xiv« siècle, et surtout au xv« et au xvi^ que ce pronom se répand; il appartient au moyen bien plus qu'à l'ancien français.
Vers les origines de la langue moderne, il a semblé qu'il dût se perdre. Beaucoup des auteurs du xvii^ siècle, Molière par exemple, l'évitent, et les grammairiens, d'accord en cela avec les écrivains, le condamnent. Il eût été regrettable que leurs arrêts fussent ratifiés, car le pronom lequel,