V. Pronoms interrogatifs
.$89. Formes des pronoms interrogatifs. — Les pronoms interrogatifs ont en français à peu près les mêmes formes que les pronoms relatifs.
Le masculin sert aussi de féminin. C'est qui (correspon • dant au qui des Latins, quis n'ayant pas passé en français), Qui interrogatif n'a pas de régime direct que. La forme do régime est qui comme celle du sujet.
Le régime indirect est cui, qui, forme assez fréquente dans l'ancienne langue où elle a le sens de à qui? de qui? Ex. : De ça qui calt? [De ce à oui chaut-il? importe-t-il?)
(Roi. y 1405.) Ce régime cm, qui s'est ensuite confondu avec le sujet, aujourd'hui seul en usage pour les trois cas du masculin et du féminin.
Le neutre a en français une forme que dérivée de quid atone, et une forme quei, quoi., qui représente quid tonique. Que et quoi ont tous deux survécu.
Le pluriel n'est pas distinct du singulier.
«88. Emploi des genres. — Le neutre que, quoi devait logiquement s'employer en parlant des choses, quel que fût le cas. On le trouve en effet dans l'ancienne langue. Mais de bonne heure que sujet est remplacé par le masculin qui. Les exemples de cette substitution sont très fréquents au XVI® et au XVII* siècle.
Qui rend les Tyrans si meurtriers? (Mont., II, 27.) Qui t' afflige, berger? (Rotrou, Le Filandre, V, 2, 596.) Aujourd'hui on n'emploie jamais que comme sujet. Quoi, lui-même, ne se rencontre que s'il est suivi d'une préposition et d'un adjectif, et s'il est construit absolument et sans verbe dans des phrases comme celles-ci : Quoi de nouveau?
Encore ne peut-on pas dire qu'il y est sujet à proprement parler, puisque la phrase ne renferme pas de verbe. Remarquons toutefois que ce n'est pas le simple qui dont on use ordinairement en place du neutre. On dit bien encore : Qui vous presse? mais généralement qui est remplacé par la périphrase interrogative : qu'est-ce qui?
X89. Emploi de la forme atone que et de la forme tonique quoi ? — La première devrait régulièrement être la forme conjointe et la seconde la forme absolue. Mais nous avons déjà vu en parlant d'autres pronoms à double forme comme se et soi que l'ancienne langue n'observe pas