MÊME, MOULT, NÉANT, NESUN
gnant à cet adjectif une placé rigôurèùseiîient détei'rtiinée suivant le sens. Même, correspondant à ipse, suit le feubslanlif ; même, correspondant à idem et marquant identité, se place au contraire avant le nom.
Même est adjectif, pronom ou adverbe; En conséquence on a voulu régler l'accord sur la fonction et rendre même invariable quand il est adverbe. Nous avons eu l'occasion de traiter ce point en parlant de la syntaxe des adjectifs. (Voir page 269.)
30i. Moult (en latin mullum) était dans l'ancienne langue non seulement un adverbe, mais un adjectif indéfini à forme variable ; il a totalement disparu de la langue, sauf dans les provinces où l'influence des patois l'a maintenu, mais à l'état d'adverbe.
3oa. ]\éaiit était autrefois men^,n()ieni, tfUi est côttiposé de la négation et d'un participe présent bas-latin du verbe être : entem. D'origine demi-savante, ce pronom se répandit de bonne heure dans la langue courante. Ex. :
Il ne sevenl ne dient veir liient. (RoL, l4ë6.) (Ils lie
savent ni ne disent en rien vrai.) Chascuns i va : ainz n'i ti^ova Con i eust mes f et noiant. (Ruteb., Il, 135.) (Chacun y va, mais on n'y trouva pas qu'on y eût rien
méfait).
303. Mesun, nesune, dans l'ancienne langue, s'employait avec le sens de pas un. Ex. :
Que VEmperere nisuii des soens (siéûs) nH pèrdèL
(RoL, ëôè.)
Ce mot a complètement disparu.
304. Nul, du latin nullum, pour ne ullum, renferme en lui la négation ne et possède par conséquent, en vertu de son origine même, un sens négatif. Aussi n'a-t-il pas besoin anciennement, de se faire accompagner de ne. Au xvi« siècle encore, une phrase qui renferme le mot nul peut être négative sans qu'une autre négation soit exprimée. Ex. :
L'apostre dit que ceste belle promesse.... est de nulle importance. (Galv.,111, 17, 3.) G'est-à-dire : n'est d'aucune importance.
L'analogie de aucun a amené la négation, si hien qu'on a pu donner à nul le sens positif qui appartenait originairement à aucun. Ex. :
Exemple aussi remarquable que nul des précédents. (Mont., I, 16, L.) (G'est-à-dire : ([xHaucun, que wn quelconque des précédents.)
Aucun et nul^ originairement opposés, ont donc confondu leurs significations.
Nul, qui se déclinait autrefois régulièrement, avait un cas oblique nului, qu'on rencontre fréquemment dans l'ancienne langue, mais qui s'est éteint.
Il avait également un pluriel. Ex. :
Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts qui ne soient aperçus par les enfants. (La Bruyère, De V homme.)
Mais, malgré l'exemple des grands écrivains, on hésite à employer le mot nul au pluriel.
Au singulier même il faut distinguer entre nul adjectif el nw/ pronom. iVw/ adjectif se trouve fréquemment au féminin comme au masculin, on dit très bien : nulle couleur ne lui va mieux. Au contraire on ne dira guère : nulle n'y consent, mais plutôt : aucune n'y consent.
Nul lend donc à n'être plus comme pronom qu'un pronom