NUL, ON
du singulier, du masculin, et en outre du cas-sujet. Autrefois on en faisait très souvent le régime d'un verbe. Ex. :
N'ayant nul quil peut imiter avant luy, il rCa nul après luy qui le peut imiter. (Mont., II, 36.)
Aujourd'hui nul serait remplacé par personne ou pai aucun. Du reste il est visible que ces pronoms et d'autres encore empiètent sur le pronom nul, qui est en train de disparaître comme pronom de la langue courante.
Nul^ placé après le substantif, a un sens tout différent. C'est un adjectif qualificatif. Comparez : des efforts nuls et nul effort. Les deux sens toutefois sont voisins et dérivent l'un de l'autre.
305. On, en ancien français oms, om, homs, est proprement un substantif, car il représente le latin homo, qui veut dire homme. En qualité de substantif, il est souvent précédé de l'article ; c'est là l'origine de la forme Von. Cette forme était dans l'ancienne langue aussi usitée que la forme simple; on la rencontrait particulièrement lorsque l'euphonie la demandait, c'est-à-dire lorsque le mot qui précédait on était terminé par une voyelle. Ex. :
Puisque vous avouez queïon le dit. (D'Aub., Il, 99.) Et trouve l'on aux vieux registres. (Pasq., jRec/i., 111,29.)
Cependant, dès le xvi« siècle, l'usage s'est introduit d'éviter l'hiatus d'une autre manière, en intercalant un t euphonique entre la voyelle et le pronom on, et au XVI ii« siècle t-on devient régulier après les verbes, chaque fois que la construction amenait le pronom on à se trouver à cette place, particulièrement dans la forme interrogative. Avant le verbe, on choisit entre on et l'on suivant l'harmonie. La seconde forme est du reste beaucoup moins employée qu'autrefois. On ne dirait plus avec Corneille :
La parole donnée, il faut que i'on la tienne. (I, 214.) Ni avec La Fontaine : Je proposai à ma fille de se marier. Elle me pria d'attendre qice l'on ïy eût condamnée sous peine du dernier supplice. [Am. de Psyché,
liv,. n.)
On était un mot sujet, il Test toujours resté, même dans la langue moderne ; quand il était régime, il prenait |a forme homme, correspondant à l'accusatif latin hominem. Ex. :
harnais ne fèroit ce serment à \iQV[^i^Q. (^Gomna., IV, 6.)
Homme est resté comme substantif, mais il ne sert plus de pronom, il a été remplacé par quelqu'un ou personne.
30G. Personne est comme on un substantif; il dérive du Isiùn persona, qui signifie rôle, personnage, mais il a pris le sens de : un homme, quelqu'un. Il est ainsi devenu un pronom indéfini. Toutefois depuis son entrée dans la langue le pronom personne a entièrement changé de signification. Joint à des phrases négatives, il a peu à peu pris le seas négatif, suivant en cela le même développement que aucun.
Ex. : Le tambour bat, le clairon sonne, QifA reste en arrière? Personne.
(Déroulède, Ch. du Soldat,)
Personne, bien que représentant un féminin latin, est du masculin en français et ne peut se mettre au pluriel. Toutefois il arrive que dans l'usage, si personne représente visiblement un féminin, on met au féminin l'adjectif qui s'y rapporte, On entend très souvent des phrases comme cellesrci î Je ne vois personne de si belle qu'elle. Et l'influence de l'analogie explique très bien cette violation de la syntaxe, on en use avec joersonne comme avec on, et l'on sadt qu'on peut dire très correctement : pour jeune e^ joîie que l'on soit. L'accord se fait avec le sens.