RADICAL TONIQUE ET RADICAL ATO.NE. 58U
l'ancienne loi et sont restés comme des témoins d'un usage autrefois plus général.
1" Verbes à radical monosyllabique.
3'ë5. Le radical latin en a suivi d'une nasale. — Suivant la règle, le radical tonique devra être en ai, le radical atone en a. Ex. :
j'aim {àmo), amer (ariiâre),
je c^aim {clàmo), clamer (c/amàre).
Cette alternance ne se retrouve plus dans aucun verbe actuellement. L'analogie a amené Tassimilation des formes en a et en ai. Le radical unique est aujourd'hui ai. On ne dit plus : nous amons, vous ame^, mais nous aimons, vous aimez.
338. Le radical latin est en o. — Suivant la règle, le radical tonique sera en ew, le radical atone en ou. Ex. :
il meui {màvet), mouvoir (movère)^
il mevLrt [*màrit), mourir l*morire).
Cette alternance se rencontrait dans un assez grand nombre de verbes de l'ancienne langue. On disait :
tu demeures, et nous demourons,
tu pleures, — nous plourons,
tu preuves, — nous prouvons,
tu Ireuves, — nous h^ouvons.
Ces différentes formes ont réagi les unes sur les autres, mais c'est tantôt l'une, tantôt l'autre qui l'a emporté. L'usage même a quelquefois été longtemps indécis. Ainsi jusqu'au xvii"* siècle, le verbe trouver s'est conjugué des deux manières, il avait toutes les formes en eu et toutes les formes en ou. On disait indistinctement : trouver ou trouver.
Vaugelas jugeait encore que tous deux étaient bons, sauf à préférer la forme trouver. C'est en effet la forme en ou qui a prévalu ainsi que dans le \erhe prouver. Au contraire, demourer et plourer sont devenus da^s l'usage moderne demeurer et pleurer.