‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 199 sur 320 · Le radical latin est en ê (è ouvert). — Suivant la · texte numérisé non relu

Le radical latin est en ê (è ouvert). — Suivant la

règle, le radical tonique doit être en ie, le radical atone en e. Exemple :

il vient {vènit)^ venir (venire),

il lieve (levât), lever [levàre).

Mais, dans la plupart des verbes de ce genre, le radical atone a prévalu partout. La langue moderne ne dit plus : il lieve, mais il lève. Remarquez toutefois que partout où le radical est tonique Ve est ouvert. L'assimilation n'est donc pas complète.

Le verbe seoir, conservé dans les composés surseoir, asseoir, mérite une mention particulière. Son radical tonique était s^e, son radical atone se, comme dans les autres verbes. L'un et l'autre se sont conservés.

Toutefois le radical ^atone se a été modifié. 1° Il a perdu sa voyelle à l'infinitif. Seoir est devenu, dans la prononciation au moins, soir. T Dans d'autres formes où Ve se trouvait également en hiatus, une consonne de liaison, y, s'est introduite. Nous asseons est devenu : nous asseyons. De là, parla transformation régulière de ey en oy : nous, assoyons.

Enfin sous l'influence de l'analogie on a dit : j'asseois, tu asst^ois.

Ce verbe s'est trouvé ainsi avoir un certain nombre de formes doubles encore ép^alement usitées aujourd'hui : je m'asseois à côté de je m'assieds, nous nous assoyons à côté de nous nous asseyons.

338. Le radical latin est en ë, { Çé fermé). — En français on devait avoir un radical tonique en ei, oi, un radical atone en e. Ex. :

il meinet, moine {minât), mener (minàre),

il peiset, poise {pè{n)sat), peser {pensàre).

Dans ces verbes le radical atone a prévalu partout. Toutefois, dans les formes où se trouvait jadis le radical tonique, Ve n'est pas muet, mais ouvert. On dit : il pèse, non il pesé.

En outre quelques verbes ont gardé le radical tonique. C'est pour cela qu'on dit : il reçoit à côté de recevoir.

Dans le verbe voir il semble même que le radical tonique ait prévalu partout. Il n'en est rien. Si on dit : nous voyons et non : nous veons, c'est qu'entre les deux voyelles du radical atone ve et de la désinence ons il s'est introduit un y de liaison. Dans la suite ey est devenu oy suivant la règle générale. Veons s'est donc changé successivement en voyons et voyons, et aujourd'hui le radical atone transformé en voy se trouve semblable au radical tonique.

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