ACTION DE LA FLEXION SUR LE UADICAL
20 Yerbes à radical polysyllabique.
339. Dans les verbes à radical polysyllabique la différence entre les deux radicaux tonique et atone était plus considérable encore que dans ceux dont nous venons de parler.
Nous n'y insisterons point, car les verbes de cette sorte n'ont jamais été très nombreux, et pas un seul d'entre eux n'a gardé ses formes complexes jusque dans la langue moderne. Citons seulement comme exemples : adjutare (aider), manducare (manger), Qiparolare Y>our parabolare (parler).
Suivant les lois phonétiques on devait avoir en français :
il aiue {a{d)jùtat)^ et aidier {a{d)jutàre),
il manjue {mandùcat), — mangier {manducàre), il parole (paràlat)^ — parler (parolàre),
Ces formes ont existé en effet et ont été longtemps en usage, mais elles ont disparu vers la fin du Moyen Age et les trois verbes cités ont dans la conjugaison actuelle le radical atone à toutes les personnes, tous les temps et tous les modes. On dit je parle et non pins : je parole; mange et plus manjue.
B. Action de la flexion, I. Présence d'un e ou d'un i consonni fiable,
340. Ui en hiatus avec une autre voyelle se rencontre dans la flexion de certains verbes de la troisième et de ceux de la quatrième conjugaison, à l'indicatif présent (T^pers. du sing. et 3^ du pluriel), à toutes les personnes du subjonctif présent, à l'imparfait de l'indicatif, au participe présent et au gérondif. Ex. : audio, capiam.
On trouve Ve dans les verbes de la deuxième conjugaison à la P^ personne de l'indicatif présent, et à toutes les personnes du subjonctif. Ex. : debeo, debeat.
Or on sait quelle est l'action d'un e ou d'un i ainsi placé sur la syllabe qui précède. Elle porte tantôt sur la voyelle qui se trouve diphtonguée, tantôt sur la consonne qui est
modifiée ou même syncopée, tantôt sur les deux à la fois.
Il en résulte que partout où le radical des verbes est soumis à cette influence, il se transforme et parfois considérablement. Le radical av du verbe avoir deviendra ainsi ai, le radical sav de savoir sera tantôt sai, tantôt sach. C'est là une nouvelle cause qui fait varier les radicaux d'un temps et d'une personne à l'autre.
Naturellement, il s'en faut bien que toutes les formes provenant du jeu de cette loi phonétique aient subsisté, beaucoup ont disparu sous l'influence de l'analogie, néanmoins la conjugaison actuelle en renferme un grand nombre encore, ot dans certains verbes elles ont absolument prévalu.