‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 201 sur 320 · cas. lie radical est terminé par une g;uttnrale · texte numérisé non relu

cas. lie radical est terminé par une g;uttnrale

Ainsi dans fac-ere^ plac-ere, tac-ere. Suivant les lois phonétiques, a suivi d'une gutturale doit donner ai. Fac doit donc être en français /"ai; mais l'action de Vi qui suit la gutturale trouble celte règle. Selon qu'il est tonique ou atone, le radical fac dans le voisinage de Vi se transforme de deux façons différentes. S'il est atone, il devient régulièrement /ais. Ainsi dans /"ac/éôam, je faisais. S'il est tonique au contraire, il devient faz, fAc. Ex. : fàciam, que je face.

L'analogie a exercé sur ces différentes formes deux actions en sens inverse. Des formes en a ont été assimilées aux formes en ai. Je fâz est devenu je fais. Au contraire, que nous faisions, que vous faisiez sont devenus que nous fassions, que vous

34!S. 2* cas. lie radical est terminé par une dentale. —

Suivant les lois phonétiques, ceUe dentale tombe, en général au moins, au xi* siècle. Le radical se trouve donc terminé par ui.e voyelle.

Ainsi audire a pour radical aud, qui devient régulièrement en français od, puis o et ou devant une voyelle.

audis donne tu od-s, tu os, audit — il od-t, il ot.

Au contraire, à la première personne du subjonctif audiarrij aud, sous l'influence de i, donne une diphtongue ot;

audiam donne : que j*oie, oye.

ACTIOxN DE LA FLEXION SUR LE RADICAL. 593

Le verbe ouïr a donc un double radical o, ou et oi. L'analogie a étendu la diphtongue oi aux formes primitives en o; on a dit : il oit, nous oyons.

Mais rinfinitif a gardé ouïr.

343. 3" cas. Le radical latin est terminé par une labiale. — La labiale devait se changer régulièrement en v. Ainsi dans hahere, aveir, avoir. Le icidical à l'infinitif est donc av.

Mais lorsque ce radical se trouve suivi d'une flexion renfermant un 6 ou un i, il est doublement influencé. La voyelle est diphtonguée; la consonne labiabe v disparaît. Ex. : j'ai(Aa6eo).

Le verbe avoir aura donc en français un radical av et un radical ai.

Le verbe devoir aura de même un radical deî;. Ex. : devoir et un radical dei, doi. Ex.: tu dois. Le subjonctif moderne en présente un troisième : doiv, espèce de radical mixte formé comme dois, mais où l'influence des autres temps a ramené le v.

Dans le verbe savoir (sapere), aux formes où le i se trouvait dans la flexion, il a diversement agi sur le radical. A l'indicatif il a diphtongue la voyelle a en ai; Ex. : je sais (sapio) ; au subjonctif au contraire c'est la consonne qui a été influencée. La labiale est tombée devant le i qui s'est changé en ch. De là : je sache, où l'a s'est suivant la règle maintenu pur.

344. 4^ cas. Le radical latin est terminé par la -vibrante *•. — Prenons pour exemple le verbe mourir, qui, nous l'avons déjà vu, a un radical atone mour et un radical tonique muer, moer, meur^ distincts. Ces radicaux sont à leur tour diversement influencés par le y de flexion.

]° Tantôt le 1/ développe une gutturale g, c, qui s'ajoute au radical. Ex. :

je moer-g-e {*moriam)^

je moer -G (*morio).

2° Tantôt ce même i/ se transporte dans la première syllabe, et y forme avec la diphtongue du radical une triphtongue uei^ oei, plus tard réduite à ui, Ex. :

je muir (*morio), que je muire {*moriam).

Ces diverses formes se rencontrent fréquemment dans les textes de l'ancienne langue, ainsi dans Roland (359) :

Mielz est suis moerge que tant bon bacheler.

(Mieux vaut que seul je meure plutôt que de si bons bacheliers.)

Mais elles ont complètement disparu de la langue moderne.

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