‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 207 sur 320 · En résumé il y a en français trois conjugaisons · texte numérisé non relu

En résumé il y a en français trois conjugaisons

P (jelle des verbes en oir, re, ir (non mchoatifs), qui est morte, et ne sert plus à former aucun verbe. Elle comprend environ trois cents verbes ;

2° Celle des verbes en ir inchoatifs (renfermant la syllabe is au présent), toujours vivante, et qui comprend un peu plus de trois cents verbes aujourd'hui en usage;

3° La classe des verbes en er qui en compte trois mille quatre cents environ et qui s'enrichit sans cesse. C'est de beaucoup la plus importante.

Formes simples du verbe.

35G. On observera tout d'abord que le français a conservé des flexions pour marquer les circonstances de temps de mode et même de personne.

Cette dernière particularité est remarquable, car, sauf au mode impératif, le pronom est là pour indiquer la personne. Quand vous dites : nous aimons, l'idée de nous est en réalité exprimée deux fois, par nous et par ons. Le français n'a donc pas poussé ici jusqu'au bout l'esprit d'analyse. Certains dialectes sont allés beaucoup plus loin.

Toutefois il faut observer qu'un grand nombre de ces flexions personnelles ne se distinguent que dans l'orthographe. Entre il aime et tu aimes, l'oreille ne reconnaît aucune diflerence, le s ne se prononçant plus. C'est le pronom qui remplace dans le langage parlé la flexion disparue. Nous verrons du reste, en parlant de l'emploi des personnes, que plusieurs d'entre elles ont eu à un moment donné une tendance marauée à se confondre.

BRUNOT. o<»

En ce qui concerne les flexions temporelles et modales que nous allons étudier en détail, nous pouvons déjà noter un fait essentiel : c'est la chute d'un certain nombre de formes simples qui ont été remplacées par des formes composées.

Le français n'a guère perdu que le supin et le gérondif en iy mais il a transformé un grand nombre d'autres temps et d'autres modes.

Formes impersonnelles.

IIVFIIVITIF

851. P /r vient régulièrement du latin ire. Ainsi dans : servir , de seri'ire.

Il est à remarquer que le verbe latin d'où dérive un verbe français en ir n'est pas toujours terminé en ire dans la langue classique. Un certain nombre de verbes en ëre ou en ère avaient été assimilés dans le latin populaire aux verbes en ire. Ainsi :

Cwrrëre s'était changé en cwrrlre, d'où le français courir. La forme courre^ conservée dans laisser courre, dérive régulièrement de cùrrëre.

2° Re vient régulièrement du latin ëre.

Ainsi dans : vendre (venderé).

Souvent, du reste, les verbes latins en ëre avaient été assi miles aux verbes en ëre. Ils oni donc été traités comme eux. (Voir plus loin, 3^) De là vient que cddère changé en cadére donne cheoir, choir au lieu de chiere. — D'autres verbes en ëre ont été assimilés aux verbes en ire, ainsi cueillir, qui eût fait sanb cela cueillir e (colligere).

3° Oir vient du latin ëre.

Ainsi dans : avoir, de habére.

Quelques-uns de ces verbes, pour des raisons phonétiques, ont ir au lieu de oir, comme jacëre, qui donne gésir au

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