IJNFINITIF ET PARTICIPE PRÉSENT
lieu de ^ésoir à cause de l'influence du c précédent. (Voir page 101.)
40 j^-^ vient du latin are.
Ainsi dans aimer, de amare.
On sait que des raisons phonétiques avaient amené la création de verbes en ier, aidier, mangier, cherchier, très communs dans l'ancienne langue. Ces verbes ont été ensuite assimilés aux verbes en er. On ne trouve plus de trace de Vi que dans les verbes qui ont i, ei, oi à leur radical, comme payer, ployer, et qui renferment en réalité un i double marqué par Yy.
5° Ir, dans les verbes inchoatifs, ne s'explique pas par l'étymologie de ces verbes. L'infinitif latin étant en iscere, l'infinitif français devrait être en istre : ^e?mscere aurait donné ^emistre et non gémir. Mais les verbes inchoatifs qui, dans les autres formes, ont assimilé les verbes en ir, leur ont au contraire emprunté l'infinitif.
L'adjonction de la flexion de l'infinitif entraîne quelques syncopes de voyelles ou de consonnes.
C'est ainsi que cheoir devient choir, que veoir se conrracte en voir.
Dans écrire et boire, ce sont des consonnes qui sont tombées. Ces infinitifs étaient autrefois escrivre {scrih[<d)ré) et boivre (bib[e)ré).
GÈRONUIP Er PARTICIPE PRÉSENT
338. Gérondif. — Ce n'esl que par exception qu'on employait en latin l'infinitif dans des constructions qui demandent un autre cas que l'accusatif sans préposition. On remplaçait alors l'infinitif par des formes impersonnelles spéciales du verbe, appelées supin et gérondif, véritables substantifs verbaux ayant des compléments comme le verbe, mais janjais de sujets et se déclinant.
Nous n'avons rien à dire du supin. Il n'a laissé aucune trace en français.
Le gérondif au contraire a subsisté. Il avait trois cas en lalin, un génitif, un datif, un accusatif. Ainsi le verhe amare présentait au gérondif les trois formes suivantes : amandi, amando^ amandum. La première, la forme du génitif en di s'est éteinte ; les deux autres se sont confondues dès l'époque latine; Ym de l'accusatif, en effet, tombait, Vu était traité comme Tô, les deux cas se trouvaient donc semblables.
De plus, en vertu des lois phonétiques, la forme issue de ce gérondif, devait, en français, être identique à celle du participe présent : amando donnait arAiant, aimaini; currendo devenu currando donnait coierant, c'étaient aussi les formes du participe.
359. Participe présent. — Le participe présent n'était pas identique en latin dans toutes les conjugaisons. La première seule avait un participe en ans, antem ; les autres l'avaient en ens, entem. ylwantem, de la première, devait donc donner amant; cwrrentem, de la troisième, devait donner corent. Mais on ne trouve aucune trace de formes participiales en ent. Dès l'origine, tous les participes, à quelque conjugaison qu'appartînt le verbe, ont été reformés sur les participes des verbes de la première, et se sont uniformément terminés en a7it.
360. Déclinaison du gérondif participe (Voir § 219). — Le gérondif participe français est invariable à l'origine. Il a complètement abandonné la déclinaison du participe latin.
Puis, vers la fin du xi^ et le commencement du xii® siècle, il commence à être assimilé aux adjectifs ordinaires, et à prendre régulièrement le s d'abord au régime pluriel, en-
suite au sujet singulier. On décline à ce moment ainsi :
SINGULIER PLURIEL
Sujet ; portanz, portant^
Régime portant, portanz.
Ces formes sont déjà en usage que le participe n'a pas encore de forme spéciale pour le féminin. Mais vers le XII® siècle il commence à prendre Ve muet, marque de ce genre. On trouve dans le livre des Rois (164) : Si s'en alacl criante e plurante. Désormais le participe français est un adjectif ordinaire, et il suit en cette qualité des règles d'accord que nous aurons à étudier dans la syntaxe.
301. Participe cm Uuh, da, dwtn. — La forme française en tint dont nous venons de parler, qui représente déjà le gérondif et le participe, semble aussi dans certains cas avoir le sens du participe futur passif des Latins. On en a cité plusieurs exemples :
Au jour du tremblant jugement. (Barbaz. et Méon, 11, 42, 58,)
où tremblant équivaut au latin tremulandum, car la phrase signifie : au jour du jugement devant lequel on doit trembler.
Comparez : Eûst grant peor de la teste perdant (eut grand' peur de sa tête devant être perdue, de perdre sa tête). {Jérus., 143.)
Mais de pareils emplois du participe gérondif sont exceptionnels et il n'est en tous cas pas une phrase de la langue moderne qu'on puisse rapprocher de celles-là, sinon peut-être les expressions du style ecclésiastique les confîrmands, les ordinands, qui signifient les enfants qui vont recevoir la confirmation, les clercs qui vont être ordonnés.
P.«nTICIPE PASSB
3GÎ . Le participe passé latin des verbes en dre était en âtum^ en français : et, é. Ex. :
ca'ttdre, can/àtum, cliantet, chanté.
4')i FORMES ET SYNTAXE.
Les verbes en ire latins ont le participe en Uum^ en français i. Ex. :
finir e, /înitum, fini.
Tous les verbes inchoatifs français en ir ont reçu et gardé cette flexion.
Donc, en règle générale, dans les deux conjugaisons vivantes, le participe passé est en é pour la conjugaison en er, en i pour la conjugaison inchoative.
363. Mais, dans les conjugaisons mortes, la formation de ce participe off're de plus grandes complications.
1" Un certain nombre de verbes en ir ont perdu leur participe en i. Ex. :
tenir, vêtir, qui font tenvi, vêtu.
2° Les verbes en oir et en re [ère et ëre du latin) ont gardé des formes particulières qui ont leur origine dans le latin même, et présentent une certaine variété.
A, Participes en 8.
364. Un certain nombre de verbes latins faisaient leur participe en sus^ sum. Ainsi defendo qui faisait defensns, defensum. De la flexion sum^ après la chute du m final et de Vu atone, il ne devait rester qu'un s en français. Quelques verbes français ont en effet un participe en s.
Tels sont : tordre (en latin ^or^itere), qui a eu un participe tors correspondant au bas latin iorsum, et conservé comme adjectif;
confondre (en latin confundere]^ qui a eu un participe confus, correspondant au latin confuswm, et conservé également comme adjectif;
clore (en latin daudere), qui fait encore aujourd'hui au participe clos.
La langue ancienne avait un plus grand nombre de participes de ce genre. Remés [remansuin] , du verbe renianoir (rester), ars [arsum], du verbe ardre (brûler), et d'autres se sont éteints.
Aujourd'hui il n'y a plus un seul verbe en oir qui fasse son participe en s, sauf seoir qui fait sfs, encore cette forme est-elle due à l'analogie d'autres participes en s, comme occis.
Quant aux verbes en re qui ont conservé un participe en s, plusieurs forment irrégulièrement ce participe.
Prendre fait pris par analogie avec d'autres verbes et aussi sous l'influence du prétérit de l'indicatif.
Mettre fait mis et non mes comme en ancien français, pour une raison analogue.
Absoudre a des formes très irrégulières. Son participe absous, ancien français asous, a été formé par analogie. Ce verbe, qui appartient à la langue religieuse, c'est-à-dire demi-savante, a subi l'influence latine et cette influence est particulièrement sensible au participe dont le féminin devrait être asouse; ce féminin est absoute^ forme toute latine, copiée sur ab salut am.
B, Participes en t.
365. Les verbes latins de la deuxième conjugaison {ère) avaient leur participe passé en itum. Ainsi : habere, habiinm (eu).
Ceux de la troisième ajoutaient tum au radical. Ex. : dico, dicium (dit).
Ces deux flexions se réduisent en français régulièrement,
par la chute de l'atone et de Ynu à un ^ qui s'ajoute au radical. Dicium deviendra donc successivement dict, puis dit.
Il reste un certain nombre de ces participes : atteint (de atteindre), écrit iàe écrire), peint (de peindre), plaint (de plaindre) j point [de poindre), etc.
366. Les deux formes de participes en t et fn s que nous venons d'examiner ont été de bonne heure en concurrence et se sont nui mutuellement. Dès l'e'poque latine, la forme en sum empiétait sensiblement sur la forme en tum. Beaucoup de verbes qui, dans la latinité classique, avaient un participe en tum, le firent en sum dans le latin populaire. Sur g ère faisait surrectum. Le français sourdre eut un participe sours, d'où source.
Mais ni l'un ni l'autre de ces types de participes ne devait rester le modèle commun des participes français dans les conjugaisons mortes. Les participes forts furent supplantés par un participe faible en u. Ex. : tendu.