‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 210 sur 320 · INDICATIF PRESENT · texte numérisé non relu

INDICATIF PRESENT

SINGULIER PLURIEL

je chant [canto]^

tu chanl-es (cantas), vous chant-ez (cantaiis),

il chant-et (cannât), ils chant- eut (ca^-iiSiiiV,

Seule la première personne du pluriel chantons est irrégulière et a une origine spéciale. La flexion onSy qui la termine, vient par les intermédiaires oms, ornes de la forme somes, du latin sumus, première personne du pluriel du verbe essere, estre^ être.

Par analogie, cette flexion a été étendue à tous les verbes et à presque tous les temps, où elle a remplacé les flexions latines (Voir § 332).

Il y a peu de modifications à signaler depuis les origines de la langue.

La première personne du singulier a reçu assez tard (vers le xiii® siècle) un e, par analogie avec la deuxième et la troisième : je port est devenu je porte. La troisième a perdu le t dès le xi« siècle.

Sîl. Conjugaison en otV, fe, /»•.

La première, la deuxième, la troisième personne du singulier, la troisième du pluriel dérivent régulièrement des formes latines, la première et la deuxième du pluriel sont formées par analogie.

A. Singulier :

Les types latins sont :

2" CONJUG. LATINE. 3^ CONJUG. LATINE. 4° CONJUG. LATINE.

dêb-eOy rùmp-Oj sàp-io, dôrm-io,

déb-es, rùmp-is, sàp-is, dôrm-iSj

dèb-eij rùmp-ii, sôp-it, dôrm-it.

Ces flexions sont souvent distinctes, comme on voit, mais

elles ont toutes ceci de commun, qu'elles sont atones. Les voyelles, qui seules changeaient d'une conjugaison à l'autre, tombent donc en français.

Il en résulte que :

1° A la première personne, oij la flexion n'est composée que de voyelles, le français n'aura plus de flexion. La première personne sera constituée partout par le radical pur; exemple : rump-o, je romp.

Ce radical peut toutefois être modifié. Ainsi la voyelle de flexion peut réagir sur lui comme dans sap-io qui fait : je sai sous l'influence de ïi atone.

Ou bien, la consonne médiale devenant finale, se durcira; par exemple :

bïb-o ne donnera pas je boÎY, mais je boit

Enfin avec le temps la première personne prend l's des verbes comme je puis.

je romp devient je romps, je boif devient je bois.

2° A la deuxième personne l'atone tombant, la flexion se réduit au s. Ex. :

rump-iSy tu romp s.

Ce s s'ajoute au radical en le modifiant suivant les lois phonétiques. Ainsi, combiné avec le t, il donne :;. Ex :

tu parts = tu parz (auj. tu pars) ;

il fait tomber d'autres consonnes :

tu dorms devient : tu dors, tu boiYS devient : tu bois.

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