‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 211 sur 320 · INDICATIF PRESENT · texte numérisé non relu

INDICATIF PRESENT

3° A la troisième personne, la flexion est réduite à un / pour la même raison (chute de l'atone) :

rump-it devient il romp-t.

Ce t s'ajoutant au radical entraîne lui aussi certaines modifications. Ainsi ïm de il dovm-t tombe devant le t et on a : il dor-t. Dans il pao^-t, le t de flexion se confond avec le t du radical.

B. Pluriel:

La formation du pluriel est surtout le résultat de l'analogie, au moins pour les deux premières personnes.

Les quatre verbes cités auraient eu en effet, suivant les règles phonétiques, des flexions très différentes:

1» dormio fait dorm-imus,

dorm-iiis.

2*» debeo fait deb- émus,

deb-étis.

Mais ils ont perdu leur flexion spéciale et ont pris à la première personne la flexion ons dont nous avons déjà parlé.

A la deuxième, la flexion ez, empruntée aux verbes de la première conjugaison an^ez, aimez, s'est substituée à la flexion latine.

2° Les verbes du type de rumpo et de sapio se sont bien plus éloignés encore de leur forme latine.

En effet, aux deux premières personnes du pluriel comme ailleurs, ils ont l'accent sur le radical. Ex. ;

rùmp-imvLS, sà^^-imus, rùmp-iiis, sàp-iiis.

On devrait donc avoir en français : nous sàmes, vous sûtes, etc.

Deux verbes ont encore aujourd'hui ces formes à Ja deuxième personne, ce sont faire et dire, qui font respectivement :

vous faites {facitis), vous dites {dicitis).

Mais, en général, à la première personne, les verbes de celte conjugaison ont comme les autres reçu la flexion ons accentuée, Ex. :

nous romp-ons, nous sav-onSf

et à la deuxième la flexion ez. Ex. .

vous romp^eZj vous sav-ez.

A la troisième personne du pluriel on avait en latin :

dorm-inni, deb-eni, rump -unt^ sap-iunt.

Le groupe nt subsiste en français. L'atone nécessaire à la prononciation de ce groupe est comme partout en pareil cas un e muet.

dorm-iunt donne donc ils dorm-euiy deb-eni — ils doiv-enty

rump-nni — ils romp-eni, etc.

Dans quelques verbes. Vu se trouvant en hiatus avec la voyelle du radical, a donné une diphtongue réduite à o. Ainsi :

va.{d)\intf ils vsiont, puis : ils vont.

31*. Coiijug^aisson inchoative. — La première, la deuxième et la troisième personne du singulier et la troisième du pluriel sont régulières et étymologiques.

I»UÉSEiNT DU SUBJONCTIF. 415

.^em-isco donne je gém-is^

gem-iscis — tugémis^

gem-iscii — il gént-isi,

^em-iscunt — ils^ém-issent. c

gem-iscimus et gem-iscitis auraient dû donner gém-ismes, gém-isies. Mais, comme pour les verbes cités toutàl'heure, l'analogie l'a emporté, et ces deux personnes ont reçu les flexions ons et ez empruntées aux autres conjugaisons.

PRÉSENT nu SUBJONCTIF

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