‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 243 sur 320 · PASSÉ DÉFINI ET INDÉFINI · texte numérisé non relu

PASSÉ DÉFINI ET INDÉFINI

Bt dit (pass. déf.) au Roi : Bien Y avez entendu. Ganelon le comte ceci vous a répondu,)

On a essayé d'établir une distinction entre le prétérit défini et le prétérit indéfini. Le premier marquait un temps plus éloigné.

: Ex. : Pison nous offensa, Pisoii s'est repenti.

(Arnault, Marius à Minturnes.)

Cet eôort a été vain. Peu à peu du reste le prétérit défini, autrefois très employé, sort de l'usage. Les méridionaux seuls s'en servent encore dans la conversation; au nord on ne le trouve plus guère que dans la langue écrite, et là même on ne peut pas l'employer dans tous les cas. Il se rencontrera dans un récit suivi, et de quelque durée ; on ne s'en sert guère en parlant d'un fait isolé que si ce fait s'est passé dans une période de temps complètement écoulée. Ainsi : il vint me voir, il y a un an, mais non : il vint me voir cette semaine ; dans ce dernier cas il faudrait le prétérit indéfini.

Ge qui distingue aujourd'hui ces deux temps, c'est que le prétérit défini marque qu'une action est passée, mais qu'elle n'a aucun rapport avec le présent. Ex. :

Je ne songeais pas à jRose,

Rose au bois vint avec moi,,, (V. Hugo, Cont., 1, 19.)

Au contraire le prétérit indéfini marque le plus souvent (et en cela il était plus justement nommé parfait), que le fait passé se rattache par ses résultats, ses conséquences, la période de temps oii il a eu lieu, au moment où l'on parle.

Ainsi : on m'a gâté mon ami. La forme du verbe implique que l'ami est encore gâté au moment où on le dit.

«RUNOT. 3Q

De même : J'ai marché, j'ai vu le monde, J'ai de bons yeux qui voient bien.

(Richepin, Les Blasphèmes^ III, 6.)

Mais le dernier exemple montre la valeur qu'il faut attribuer à cette distinction : elle n'est pas absolue. On le comprend sans peine, puisque nous avons dit que l'indéfini tend à remplacer le défini dans ses emplois. Pour le faire, il faut nécessairement qu'il perde quelque chose de sa valeur propre.

4a o. Fntar simple. — Le futur simple ou absolu énonce l'action comme devant s'accomplir postérieurement à la parole. Ex. :

Seignurs, vus en ireiz, Branches d'olive en voz mains portereiz; Si me direz a Carlemagne, a VRei, Pur le soen Deu qu'il ait mercit de mei,

[RoL, 79.) (Seigneurs, vous irez d'ici, Des branches d'olivier en vos mains porterez; Et direz à Gharlemagne, au Roi, Pour son Dieu qu'il ait pitié de moi.)

Nous avons dit que ce futur pouvait se remplacer par un présent :

Si je meurs en chemin , je serai hors depaine, Et par mon haut désir j'honore mon trespas.

(Desportes, Amours d^Hip., IX.)

La Hberté n'est plus aussi grande qu'au xvi' siècle, mais il en reste quelque chose encore. (Voir au § 418.)

IP Division de la durée.

4«1. Une action déterminée peut être conçue comme étant antérieure ou postérieure ou contemporaine non plus

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