‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 248 sur 320 · TEMPS DU CONDITIONNEL · texte numérisé non relu

TEMPS DU CONDITIONNEL

43%. Temps du conditionnel. — Le mode Conditionnel a en français plusieurs temps, un présent et deux passés.

P Le présent a en même temps la valeur temporelle d'un présent et d'un futur. Ex. :

Si cela était, je le saurais (présent). — /irais demain (futur).

2° Le passé formé du conditionnel du verbe avoir, aurait, accompagné d'un participe passé, a une valeur également double : celle d'un passé et celle d'un futur antérieur du conditionnel. Ex. :

S'il avait voulu, il aurait fini hier; S'il commençait aujourd'hui, il aurait fini avant demain.

3" Enfin le temps surcomposé formé du conditionnel passé d'avoir et d'un participe passé, sert de plus-que-parfait au conditionnel. Ex. :

J'aurais eu fini hier, si j'avais su.

Remarque. — Il est à remarquer que les temps présents et les temps passés du conditionnel n'expriment pas du tout la même valeur modale. En présentant une action comme possible dans le passé, on indique, on insinue tout au moins, qu'elle ne s'est pas réalisée. Ainsi :

Si j'y avais pensé, je Saurais fait.

Sous-entendez : mais je n'y ai pas pensé et je ne l'ai paa fait. Le conditionnel passé se trouve donc être le mode de l'irréel.

433. Temps de l'infinitif. — L'infinitif français n'a pas gardé intégralement la manière de signifier l'action comme

478 FORMES Eï SYNTAXE.

déterminée en temps. Le plus souvent c'est le temps du verbe principal qui détermine le temps de l'action signifié par l'infinitif régi.

Dans l'ancienne langue, le passé de l'infinitif était plus employé que de nos jours. On s'en servait même quand le verbe principal marquait déjà l'idée du passé. Ex. :

Par quoy (c'est pourquoi) luy estait besoing d'estre venu bien acompaigné. (Gomm., I, 8.)

Aujourd'hui nous mettrions le présent : il avait besoin de venir bien accompagné. Toutefois nous employons encore le passé là où nous mettrions à l'indicatif :

1« Un passé : Ex. : Je crois avoir fini (que j'ai fini).

2« Un futur antérieur : Je compte être arrivé avant lui (que je serai arrivé avant lui).

3° Le futur antérieur dans le passé : Je comptais être arrivé avant lui (je comptais que je serais arrivé avant lui).

L'infinitif futur est aujourd'hui presque absolument inusité, sauf au cas où le verbe principal ne marque pas l'idée de futur : Je savais devoir tomber.

Dans tous les autres cas on emploie l'infinitif présent.

434. Temps da participe. — En latin le participe présent remplace un présent ou un imparfait, c'est-à-dire marque la simultanéité par rapport à l'action exprimée par le verbe principal. Ex. : Omne malum nascens facile opprimitur. Tout mal naissant (à sa naissance) est facilement étouffé.

De même en français :

.,., Corsaires à corsaires L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires, (La Font., Faô., IV, 12.)

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