TEMPS DE L'INFINITIF ET DU PARTICIPE
Et les trônes j roulant comme des feuilles mortes y Se dispersaient au vent.
(V. Hugo,CM^., Il, 7, 1.)
Le participe passé en latin marque l'antériorité de l'action qu'il exprime par rapport à l'action du verbe principal.
Ex. : Cum urbem vicepissent, captamque diripuissent... {Quand ils eurent pris la ville par la force, et qu'une fois prise ils l'eurent pillée.)
Le participe passé français marque encore la même idée temporelle. Ainsi dans cet exemple de Corneille : Ety monté sur le faîte, il aspire à descendre,
[Cinna, II, 1.)
Mais ici, plus encore que dans le participe présent, le français a oublié la valeur temporelle des formes qu'il possède. Le participe passé est en réalité un participe passif, rien de plus, au moins dans la plupart des cas. Il se joindra à un verbe principal au présent pour marquer une action présente, à un futur pour marquer une action future. Ex. :
Quand le proscrit devrait s'enfuir de porte en porte , Aux hommes déchiré, comme un haillon aux clous,
(V. Hugo, Chat., VII, 16.) Mon père, ce héros au sourire si doux. Suivi d'un seul hussard qu'il aimait entre tous.,,. Parcourait à cheval, le soir d'une bataille, Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuiU (V. Hugo, Lég, des siècles, XIII, 1.)
On se sert pour exprimer les temps de formes composées comme devant aller (participe futur), ayant compris (participe passé).
Correspondance des temps
435, Nous avons déjà eu Foecasion de montrer comment les temps s'échangeaient dans l'ancienne langue et se remplaçaient mutuellement. Il devait nécessairement en résulter que les règles de correspondance des temps étaient beaucoup plus libres qu'aujourd'hui.
A. Propositions coordonnées
436. Nous avons conservé de l'ancien usage la faculté très précieuse de pouvoir mettre au présent le récit d'un fait passé ou futur que nous transportons par la pensée dans le présent. C'est là le présent dit historique. Il est aussi ancien que la langue et très usité dans nos vieux récits épiques. Ex. :
Li Emperere fait ses grailles suner; Pois, si chevalchet od sa grant ost, li ber. De cels d'Espaigne uni les esclos truvez, Tiennent Vencalz^ tuit en sunt cumunel.
(RoL, 2443.) (L'empereur fait ses clairons sonner, Puis, chevauche avec sa grande armée, le baron. De ceux d'Espagne ont les traces trouvées, Tiennent la poursuite, tous sont en commun.)
Mais, en outre, l'ancien français mélangeait un grand nombre de temps que nous n'avons plus l'habitude de confondre dans des propositions coordonnées.
C'étaient d'abord les prétérits défini et indéfini : Ex. :
Li reis Marsilies out sun cunseill finet, Si'n apelat Clarin de Balaguer,,,.