CORRESPONDANCE DES TEMPS
Des plus felnns dis en ad apelez. {RoL, 6.2^-69.) (Le roi Marsile eut son conseil fini, Lors appela Glarin de Balaguer....
Des plus félons dix en a appelés.) Blancandrins ad tut premereins parlet^ E àist al' Rei...{lb., 122.) (Blancandrin a tout -pTemier parlé, Et dit au rai...)
Aujourd'hui, en général, on ne mélange plus guère les deux passés dans un même récit que pour y introduire une incidente qui le coupe.
De plus les temps du passé alternaient souvent avec ceux du présent dans des phrases qui se suivaient. Ex. r
Quant païen virent que Franceis i otU poi, Entre eh en unt e orgoill e cunfort. [RoL, 1940,) (Quand les païens virent que il y avait peu de Français,
entre eux en ont et orgueil et confort.) Rollanz ad doel, si fut mallalentifs. {Ib,^ 2056.) (Roland a deuil, et fut mal disposé.)
Au XVI® siècle encore, il n'est pas rare de trouver des phrases comme celles-ci :
Si virent ung cloché de loing et alors vont tous piquer
de ce costé et tant allèrent que, etc. {Grand Parangon, 25.)
Desportes dit aussi, dans un passage blâmé par Malherbe:
Trois fois les Xanthiens au feu de leur patrie Se sont ensevelis avec la liberté; Et le vaillant Caton, dun esprit indompté^ Afin de mourir libre^ est cruel à sa vie.
(Cléon., 10, p. 330.)
De nos jours on n'use plus de ces changements bru
ques de construction que pour produire un effet. Ex. :
Le combat était douteux et il se prolongea plusieurs heures de pluSy lorsqu'on voit tout à coup soixante vaisseaux de Cléopâtre traverser à toutes voiles les lignes d'Antoine. (Michelet, cité par Ayer.)
B. Propositions subordonnées.
436 bis. Les règles de concordance des temps dans les propositions subordonnées donnent lieu à de nombreuses observations. D'une façon générale l'usage dans l'ancienne langue était plus libre qu'aujourd'hui.
Ainsi, dans des phrases temporelles, différents temps du passé de l'indicatif ou du subjonctif alternent entre eux. Ex.:
Y fus peu de temps après que le duc de Millau y estoit. (= y avoit esté.) (Gomm., VIII, 6.)
Croy qu'il disoit vray si les choses fussent tirées oultre. (Id, IV, 1.)
On trouve de même le passé défini au lieu du passé antérieur :
Dès ce que le mal luy print, il perdit la parolle. (Gomm., VI, 10.)
Parmi les règles qui déterminent aujourd'hui l'emploi des temps dans les propositions subordonnées, celles qui sont relatives aux propositions complétives offrent une complexité particulière. Il y a plusieurs cas à examiner :
P Le verbe principal est à un temps du passé.
On a en général le choix entre deux temps :