CONCORDANCE DES TEMPS
Je lui ai dit qu^un homme tel que lui se devait à son pays.
Je lui ai dit qu'un homme tel que lui se doit à son
pays.
Mais on voit tout de suite la nuance de sens qui sépare les deux phrases. Quand on emploie l'imparfait et qu'on dit : se devait à son pays, on indique que cette obligation existait au moment où Ton parlait; elle peut exister encore, la phrase n'en dit rien.
Au contraire, si j'emploie le présent : se doit à son pays, l'exprime par là même que cette obligation est permanente, qu'elle existait au moment où j'en parlais, qu'elle existe encore au moment présent.
Ge qui est vrai de cette phrase est vrai d'une façon générale, quand le verbe de la proposition subordonnée ne signifie pas une action qui a un terme marqué. Le présent à la proposition complétive indique que l'action exprimée est encore présente au moment où l'on parle. Le passé ne le nie pas, mais ne l'exprime pas.
G'est-à-dire qu'en réalité on n'a pas le choix entre deux temps, mais entre deux points de vue; on peut déterminer l'action par rapport au temps passé du verbe principal, et aussi au temps où l'on parle, on emploie alors le présent, ou bien par rapport seulement au temps principal, on emploie en ce cas le passé.
D'après la théorie que nous venons d'exposer on peut également dire :
Il a longtemps cru que Dieu n'est qu'un mot et
// a longtemps cru que Dieu n'était qu'un nnot.
Mais la première de ces tournures ne s'emploie guère dans l'usage que si l'on veut marquer avec précision la
durée de l'action exprimée dans la proposition complétive, s'il s'agit par exemple d'une vérité éternelle :
Tai appris que les trois angles (fun triangle sont égaux à deux droits.
Dans tous les cas où Ton ne veut pas indiquer cette nuance, il y a une tendance à employer le temps relatif, c'est-àdire passé à la proposition complétive. En théorie, il est correct et légitime de dire :
Il m'a écrit qu'il arrivera demain,
mais on dira plutôt :
// m'a écrit qu'il arriverait demain, quHl serait là à cinq heures f
quand même on parle à quatre heures et que l'action exprimée est toujours future par rapport au moment où Ton parle.
Enfin, il est des cas où le choix ne peut pas être libre, et où l'on est forcé d'employer le temps relatif. Ainsi, si une action qui était future par rapport au temps du verbe principal est passée par rapport au moment où l'on parle, on est obligé de se placer au point de vue du passé et de mettre le verbe de la proposition complétive, non au futur simple, mais au futur dans le passé. Ex. :
Il m'avait dit que ce serait fini hier^
et non :
Il m'avait dit que ce sera fini.
La même question est à examiner par rapport au subjonctif. La théorie que nous avons donnée pour l'indicatif s'applique encore :