‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 259 sur 320 · Emploi du conditionnel. — NouS avonS dit que le · texte numérisé non relu

Emploi du conditionnel. — NouS avonS dit que le

conditionnel était rendu en latin par le subjonctif, il n'y a donc point à s'étonner que ces deux modes aient gardé en français des rapports très intimes, et qu'ils s'échangent très souvent.

On peut même dire d'un des temps du subjonctif, le plusque-parfait, qu'il est resté une des formes du conditionnel, car on le trouve partout concurremment avec les temps correspondants de ce mode.

On peut dire également .;e /'eusse fait, et je /'aurais fait,

En dehors de ce cas particulier, nous verrons que la langue ancienne substituait fort souvent le subjonctif au conditionnel. La langue moderne a, elle, une tendance à remplacer ce dernier mode par l'indicatif.

Il y a plusieurs cas à examiner.

P Mode dans la proposition secondaire qui énonce les conditions auxquelles Vaction du verbe principal se réaliserait.

Autrefois on pouvait mettre le verbe de cette proposition au conditionnel, pour marquer avec précision que la réalisation de ces conditions n'était qu'hypothétique. Ex. :

Ou si d'un sang trop vil ta main seroit trempée A défaut de ton bras prête-moi ton épée.

Aujourd'hui nous sommes obligés d'employer l'imparfait de l'indicatif qui présente l'action comme un fait et n'en marque pas le caractère incertain. Ex. :

Si je vous le disais

Voies me défendriez peut-être de vous voir.

(AIL de Musset, A Ninon )

Aucune proposition hypothétique commençant par si ne peut aujourd'hui contenir le mode conditionnel.

Dans cette même proposition on pouvait employer le subjonctif en supprimant la conjonction; c'était un reste de l'usage latin. Ex. :

Qui me payast, je m'en allasse. Comparez Gomm., V, 15:1/6 pressèrent de partir en plein midyy voulsissent ou non.

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