Subjonctif du conditionnel. — La règle est diffé
rente quand le verbe de la proposition principale est de telle nature ou à un mode tel qu'il entraîne le subjonctif. Que l'idée conditionnelle soit ou ne soit pas exprimée par lui, elle est reprise dans la proposition subordonnée, où elle est marquée par les temps du subjonctif qui ont la valeur conditionnelle et qui forment en ce cas une sorte de subjonctif du conditionnel.
C'est ainsi qu'on trouve :
Je ne doute pas quil ne prêtât r oreille.
(Mol., Av. y IV, 1.) Croyez-voics que vous fissiez mal d'aller une fois chez lui ? (Rac, Vil, 75. Lettres.)
C'est l'usage des bons auteurs et c'est encore l'usage actuel.
De rinfinitif .
459. Nous avons eu l'occasion, en traitant de la dérivation impropre, de montrer avec quelle facilité un infinitif pouvait devenir substantif. Autrefois il suffisait pour cela de le faire précéder de l'article ou d'un pronom démonstratif, possessif, etc.
Toutefois cette faculté s'est singulièrement restreinte dans la langue moderne, et l'infinitif n'a pas continué à se rapprocher du substantif; il n'est pas arrivé à se confondre avec lui. Tel qu'il est, il tient à la fois du verbe et du nom ; sans être tout à fait ni l'un ni l'autre, il a en même temps la fonction et la manière de signifier de ces deux parties du discours. De même que le nom, il signifie l'action comme
un être déterminé en genre et en nombre, du singulier et du neutre; d'autre part, comme le verbe, il exprime un attribut et le rapport qui unit cet attribut au sujet, avec 1' s circonstances de voix et de temps. Ainsi dans cette phrase : je le vois pâlir, l'infinitif signifie que le sujet le devien pâle dans le moment présent.
Du latin au français Tinfinitif a perdu beaucoup de <i valeur verbale, il en garde encore quelque chose cependant. Il en résulte qu'il a deux espèces d'emplois, les unt de verbe, les autres de nom.
Emplois de Vinfinitif,