‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 274 sur 320 · RUN0T · texte numérisé non relu

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od, 0, qui venait de apud; il est possible qu'on ait confondu les formes si voisines de od, o, et de ad, a. En tous cas, a remplace o dans la plupart de ses emplois ; quand 0 disparut, à hérita de tous les sens qui ne furent pas réservés à avec.

A signifie avec, il exprime l'idée d'accompagnement. En ce sens il est très usité dans l'ancienne langue. Ex. :

Ab Ludher nul plaid nunquam prindrai. (Serm. de Strasb.) (Avec Lothaire aucune convention jamais je ne conclurai.)

Monseigneur de Lorraine y a/rriva à peu de gens»

(Gomm., V, 3.)

Par un développement tout naturel de cette signification à en arrive à indiquer le moyen, la manière, l'instrument. Ex. ;

Nicolete au cler vis (visage.) {Aucassin et Nicolette.) L'olifant sunet a dulur e a. peine. (RoL, 1787.) kfune main si ad sunpiz (poitrine) balut. (/6., 2368.) Je dis ces choses au long, (Gomm., V, 13.)

A entre avec ce sens dans une multitude de locutions qui peuvent être classées en trois catégories.

Les premières sont formées de la préposition et d'un substantif. Notons dans l'ancienne langue à balance (exactement), à conseil (en secret), à outrage (excessivement), à sauveté (en sûreté), etc.; dans la langue moderne : à loisir y à merveille^ à souhait, à la renverse, à tire-larigot, etc.

D'autres expressions sont composées avec un adjectif. Ex. : à plein (complètement), àseulet (seul à seul), à privé (privément). Dans les expressions modernes analogues, \diectif est au féminin et précédé de l'article comme si un

jbstantif était sous-entendu. Ex. : à la dérobée, à la fran- ^/àise, à la paysanne.

Enfin d'autres locutions, peu nombreuses, il est vrai, mais qui n'en sont que plus curieuses, sont formées de la préposition et du participe gérondif. On disait ainsi autrefois : à brochant (en piquant de l'éperon), à chevauchant, à espandant (en abondance), à souprenant (à l'improviste) . Nous en avons conservé des locutions comme : à son corps défendant, à beaux deniers œmpta/nt (écrit par erreur comptants).

Mais c'est avec Finfinitif que nous construisons aujourd'hui à. Ex. :

On perd à trop vouloir gagner.

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire,

m. A correspond à ab.

A marque alors Téloignement à peu pfès comme de, Ex. :

A cest secle (siècle) ad pris congé,

[Vie St Thom., 1051. a.)

Il arrive ainsi à remplacer de ou par comme complément d'un verbe. Ex. :

Mega/rdezquenesoieprisea. beste cuiverte (méchante).

(Berte, 895. G.)

Mais on peut rattacher ces sens de :à aux emplois que nous avons étudiés dans le paragraphe 11, et considérer que à désigne surtout ici l'instrument. Les cas où on ne peut pas l'expliquer ainsi sont assez rares.

Remarque. — A peut se faire précéder dans Tancienne langue de diverses prépositions : rfe, par, sur, sans. Ex. :

De vom a festier (fêter) n'ai ore pas loisir,

(Berte, 2107, G.) Par cellui Signeur qui se laissa pener (tourmenter)

En l^ arbre de le crois pour nous a racater (raclieter).

(H. Capet, 216. 76.)

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