C. Phrases optatives
55t. Autrefois on construisait les propositions de ce genre avec la plus entière liberté et le sujet se mettait très souvent derrière le verbe. Ex. :
De VUS seit hoi (aujourd'hui) maie confusion :
Li nostre Deus guarantisset Carlun :
Geste bataille seii jugiée en sun num. [RoL, 3276.)
L'inversion du sujet était particulièrement fréquente quand la proposition commençait par un des éléments énumérés au § 548, 2°, savoir : un régime, un adverbe, une conjonction.
Aujourd'hui l'ordre dit logique tend à prévaloir, dans les phrases exclamatives comme ailleurs; néanmoins en poésie on rejette encore très souvent le sujet. Ex. :
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés !
(Gorn., Hor., IV, 5.) Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux!
(Rac, Esther, I, 1.)
Il faut ajouter aussi que l'inversion est de règle chaque fois que le sujet exprime l'être qui doit profiter ou pâtir du souhait. C'est ainsi qu'on dira : Vive la nation I Vive le TQi\ Périssent les colonies plutôt qu'un principe; etc.
55S. Séparation du verbe et da sujet. — Dans l'ancienne langue, on pouvait intercaler entre le sujet et le verbe tous les mots qu'il était utile de placer là, que le sujet fût un pronom ou un substantif. Ex. :
Je, qui n'avoie pas mil livrées de terre, me char j ai,,,
(Joinv., XXIX.) '
Messires Phelippes de Nanteil, li bons chevaliers^ qui estait entour le roy, trouva mon escuier. (Id., XXX.)
Je, pour mon sairement (serment) aquitier (acquitter), requis le roy. (Id., ib.)
Ce vieil usage s'est conservé dans les formules de la procédure. Ex. :