PLACE DU REGIME DIRECT. C
ment contigu au verbe ou en être séparé par un ou plusieurs mots.
P L'infinitif contigu au verbe pouvait dans l'ancienne langue précéder ce verbe. Il n'avait pas alors de régime, ou, s'il en avait un, ce régime se trouvait rejeté derrière le verîïo principal. Ex. ;
Quant aler dei, n'i ai plus que targier. {RoL, 338. ) (Puisque je dois y aller, je n'ai plus à tarder.) Ademplir voeill vostre cumandement. {Roi., 330.)
On trouve encore quelques exemples de cette construction au XVI® siècle, mais depuis lors elle a entièrement disparu.
2® Le plus souvent c'est après et non avant le verbe principal que se place l'infinitif. En ce cas le régime de l'infinitif peut se mettre ou avant le verbe ou après l'infinitif. Toutefois il y a une tendance très nette à mettre le pronom avant le verbe, et au contraire le substantif derrière l'infinitif. Ex. :
Devers Ardene vit venir wn leupart (léopard). (RoL, 728.) Quant H Sarrazin nous virent mettre pié en restrier des arbalesteSy il s'enfuirent, (Joinv., L.)
Nous avons gardé en français moderne cette construction chaque fois que le verbe principal est un verbe comme aller, entendre, laisser, pouvoir, voir, et qu'il forme avec l'infinitif qui suit une sorte d'expression unique. Ex. :
Pressentiez-vous qu'un jour vous le pourriez atteindre, Celui qui de si haut alors vous écoutait ?
(A. de Musset, Lett. à Lamartine,)
Mais, sauf dans quelques locutions toutes faites, il n'y a , plus guère que la poésie qui parle ainsi, et en prose nous mettons rarement le pronom devant le verbe, tandis qu'on le faisait encore très souvent au xvii*' siècle»
3° L'infinitif régime peut être, comme nous l'avons dit au commencement de ce paragraphe, séparé du verbe principal.
a) On intercalait autrefois entre les deux le sujet du Terhe. Ex. ;
Là vuldrat il chrestiens devenir. (RoL, 155.)
Nous construisons encore ainsi lorsque pour une raison quelconque on fait l'inversion du sujet. Ex. : à peine pouvions-nous sortir.
p) On pouvait autrefois intercaler un régime substantif. Ex. :
faut i avrat de besanz esmerez (d'or épuré) Dunt bien purrez voz soldeiers (soldats) luer.
(RoL, J32.) En Rencesvals irai Vorgoill desfaire. [Ib,, 934.)
Mais déjà dans Joinville cette construction se fait plus rare et cède à celle que nous avons vue au n<> 2.
y) On pouvait intercaler un pronom régime. Et cependant on trouve fort peu d'exemples de cette construction dans les vieux textes. Mais bientôt elle se répand rapidement et au xvii^ siècle elle est très usitée. On comprend du reste fort bien que la langue ait rapproché de plus en plus le pronom régime de l'infinitif. Placé entre lui et le verbe, il rend plus sensible à l'esprit l'existence des deux propositions distinctes (principale et infinitive) que le latin et après lui l'ancien français tendaient au contraire à confondre en une seule. Comparez : faime le voir et je Vaime voir, La première forme est évidemment plus analytique que la deuxième. Aussi Fa-t-elle emporté, bien que la seconde, au dire de Vaugelas, eût plus de grâce.
ô) On pouvait intercaler un régime indirect ou circon-