DES CONSONNES
timbre, par conséquent de nature, e bref ayant donné par exemple un è (ouvert) tandis que e long donnait un é (fermé).
34. Doubles myelles, diphtongues. — Deux voyelles peuvent se juxtaposer dans un mot. On les entend alors l'une après l'autre distinctement avec leur son propre : ainsi dans le français boa., pliaraon.
Mais si, au lieu de prononcer ces deux voyelles successivement, au moyen de deux efforts distincts de la voix, nous passons rapidement de l'a à Vu (ou) par exemple en prononçant une voyelle pendant que les organes changent de position, nous entendons non plus a et w, mais un son composé et double qu'on appelle diphtongue.
Il y a toujours un des deux éléments de ces sons doubles qui prédomine et s'entend plus fortement, et ce fait a une importance considérable dans l'histoire des diphtongues (voir p. 73).
Le latin classique avait gardé quelques diphtongues. Mais le latin populaire les laissa tomber de bonne heure, sauf au (prononcez comme en allemand Bau) ; encore passat-il bientôt à o. Ex. : causa^ cosa = chose,
35. Consonnes. — Nous avons dit que les consonnes étaient proprement des bruits déterminés volontairement dans les voies respiratoires au moyen du courant d'air. Mais les seuls de ces bruits qui soient employés par le langage articulé sont les bruits de bouche.
Ces bruits n'ont en eux-mêmes qu'une faible sonorité et ne se font entendre, en général, d'une façon distincte que grâce à leur réunion avec les sons voyelles qui les précèdent ou qui les suivent. De là le nom de consonnes ou consonnantes (qui sonnent avec, consonantia) qu'on leur avait donné.