‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 35 sur 320 · Sourdes et sonores. — Remarquons toutefois qu'un · texte numérisé non relu

Sourdes et sonores. — Remarquons toutefois qu'un

môme bruit de consonne augmente notablement en sonorité si Ton applique à sa formation non plus un courant d'air muet, mais un courant d'air sonore. Le premier se produit quand la glotte est grande ouverte, le second quand elle est rétrécie et que l'air fait résonner les cordes vocales en frottant contre elles.

Il en résulte qu'un même bruit se présente dans le lan gage articulé sous deux formes : une forme sourde, un forme sonore. Ainsi comparez cetg',tetd'yfetv.

31. On appelle souvent les consonnes comme c, i, etc., les fortes; les autres, d, v, etc., sont nommées par opposition les faibles. Cette appellation, qui vient d'une ancienne théorie erronée, a cependant cet avanta'i^e de constater aussi un fait exact. C'est que la consonne faible, sonore par elle-même, est prononcée plus faiblement. La forte, au contraire, étant sourde ou à peu près, est marquée par une prononciation plus énergique. A un certain point de vue, le v peut donc être considéré comme un alTaiblissemcnt de 1'/, le g du c, et c'est une observation tjui a son importance en phonétique.

Cette première distinction faite, on peut classer les principales consonnes d'après deux principes : l" d'après le mode de bruit qui les constitue; 2° d'après l'endroit où se forme ou semble se former ce bruit.

38. Continues et instantanées. — En effet, P le bruit peut être ou continu ou au contraire instantané. Dans le premier cas, l'air passe lentement, mais sans être arrêté, dans un espace resserré. Il y a des continues spirantes: s, z, vibrantes: r, liquides: 1, aspirées: h, etc. Dans le second cas, au contraire, on forme sur le passage de l'air, soit au moyen des lèvres, soit au moyen de la langue et du palais, un obslacle qu'on supprime brusquement: on a comme une explosion de l'air qui sort tout à coup. C'est ce qui a lait donner le nom d'explosives aux consonnes ainsi produites : c (/c), p, t, etc.

39. Gutturales, dentales, labiales. — 2° Explosives ou continues, toutes ces consonnes se classent par rapport au rôle des organes qui concourent à les former, c'est-à-dire qu'elles portent le nom de l'organe qui a le principal rôle dans leur production.

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