Sort des voyelles libres. — I. LeS atOïies
«) après la tonique.
En règle générale, toute voyelle atone libre, après la tonique, tombe, excepté a qui devient e.
l* L'accent est sur la pénultième, une atone suit la tonique :
mdrej la mer;
càntOy je chant (depuis, par analogie, je chanté);
pàrtum^ le port;
ràsam, la rose ;
càntaty il chante.
2" L'accent est sur l'antépénultième, la tonique est suivie de plusieurs atones :
joeWcu/um, péril; frigidmn, froid ; /"éminam, femme; d?ii?nam, âme»
En pareil cas, la pénultième tombe toujours, mémo si c'est un a.
Exemple : séparât, seivret, sèvre; Sàmairam, Sanibre.
Remarque I. — L'e muet, qui représente ainsi longtemps l'a latin, finit à son tour par tomber dans la prononciation. 11 sert aujourd'hui à indiquer que la voyelle qui le précède se prononce d'une façon particulière, que jolie, par exemple, ne sonne pas comme joli, mais il ne se fait plus entendre lui-même. Ce changement est récent et ne remonte pas à plus de deux siècles.
Remarque II. — Vi et Vu ne, sont pas toujours traités identiquement comme les autres voyelles.
Quand ils se trouvent dans des mots paroxytons en hiatus avec la voyelle tonique, c'est-à-dire qu'ils lui sont immédiatement contigus, ils font diphtongue avec elle. Ainsi dèum fait dieu.
La même chose arrive même quelquefois quand une consonne gutturale ou labiale sépare Ve et Vu de la tonique. Ainsi locwri donne Ion, len, lieu ; cantkvi donne chantai.
En outre, de même que l'a doit à sa nature de son plein d'avoir pu se conserver longtemps, de même Vu et Vi doivent à leur nature spéciale un traitement particulier dans certains cas. Nous avons vu que ces deux sons se trouvent placés aux deux extrémités de la chaîne des voyelles, sur la limite des consonnes, très susceptibles, par suite, de se changer en un bruit de consonne voisin : y eiw.
En effet, dans les proparoxytons, Vi en hiatus avec une atone prend le son de y (comme dans yeux), et en cette qualité agit sur la consonne précédente. Ainsi, il mouille i, n :
filiam donne fille ; rprès un p il se durcit en ch et entraîne la chute de la labiale ;
âpmm donne ache ; ou bien il fait diphtongue avec la tonique :
pdria donne paire.
L'w, dans les mêmes conditions, fortifie la consonne ; ainsi :
bàtuere donne battre,
il arrive même à l'assimiler, amsi :
vidua donne successivement: veàve^ veîve, veuve.
Remarque III. — Lorsque dans un mot latin, comme pàtrem, ou dans un mot roman, comme trèm'lo^ pour trèmulo (je tremble), où l'atone u est tombée, la voyelle tonique se trouve suivie d'un groupe de consonnes impossible à prononcer, la forme française garde toujours à la place de la voyelle qui suivait ce groupe un e muet d'appui :
intro donne j'entre, pàlrerriy — pedre, père.
Comme le montre le dernier exemple, la lettre euphonique subsiste après même que le groupe a disparu.
p) Atones avant la tonique.
Quand le mot latin était assez long pour renfermer des voyelles atones entre l'initiale et la voyelle tonique principale, ces atones ont suivi le sort des atones placées après la tonique et ont disparu comme elles, suivant les mêmes lois.
Ainsi : verecùndiam donne vergogne,
bonitdtem — bontéy
adjutàre — aidier ;
a demeure e :
parafrédum donne palefroi,
quelquefois, mais très rarement, il tombe lui-même :
Ex. : mira.bilia — merveille.
h'i en pareil cas influence quelquefois la consonne précédente.
Ainsi : raiiônem donne raiso?i,
faciiônem — façoiiy
par suite de l'action de Vi sur le t.