‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 80 sur 320 · C. Mots invariables · texte numérisé non relu

C. Mots invariables

lOi. Adverbes. — Les adjectifs s'emploient adverbialement. C'est un usage très ancien. Il a été beaucoup plus étendu qu'il ne l'est aujourd'hui, au seizième siècle surtout. Malherbe a commencé à réagir contre l'abus que quelques écrivains comme Desportes faisaient de ces adjectifs adverbiaux. Néanmoins il est resté des traces nombreuses du vieil usage ; on dit :

chanter /bwx, haut, bas, frapper fort, voir clair, ete...

Prépositions. — Les prépositions viennent quelquefois de participes présents ou passés. Ex. :

concernanty suivant,

vu, attendu, hormis, (Voir aux prépositions,)

Interjections. — Elles sont souvent formées de verbes à l'impératif. Ex. :

Tiens ! allons ! marche ! gare !

Dérivation propre.

108. Nous avons dit qu'elle consistait à dériver des mots par un changement de forme. Ge changement consiste dans l'adjonction d'un suffixe, c'est-à-dire que si au radical de fill~e, par exemple, on ajoute ette^ à celui de tête : u, on forme les dérivés fillette y têtu. Par ce procédé, on crée des noms (substantifs et adjectifs), des verbes, des adverbes, suivant qu'on ajoute au radical d'un mot un suffixe nominal, verbal ou adverbial.

103. Rôle des sufOxes. — D'après ce qui précède, les suffixes pourraient donc être définis : des lettres ou groupes de lettres destinés à déterminer l'idée générale contenue dans un radical, de façon à lui faire jouer un rôle comme partie du discours, en qualité de nom, de verbe ou d'adverbe.

Mais les suffixes ont une autre fonction. Ils possèdent, en effet, un sens propre ; ils éveillent dans l'esprit une idée générale et abstraite, et, quand ils s'ajoutent à un radical, non seulement ils en font un nom ou un verbe, mais ils modifient l'idée contenue dans ce radical en y ajoutant l'idée secondaire qu'ils renferment. Ainsi, le suffixe ette rappelle à l'esprit la notion abstraite de petitesse; en s'ajoutant au

mot fille^ il formera un dérivé où cette idée de petitesse se retrouve : car une fillette est une petite fille. De même une amourette est une petite passion, une chansonnette une petite chanson. On peut considérer les autres suffixes; tous éveillent une idée spéciale, plus ou moins vague.

104. Histoire des suffixes. — Il y a donc dans un suffixe trois choses à considérer : la forme, l'emploi, le sens, toutes trois sujettes aux changements, car les suffixes, comme les mots, ont leur histoire.

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