‹ Précis de grammaire historique de la langue française; avec une introduction sur les origines et le développement de cette langueChapitre 90 sur 320 · liégitimité de l'emprunt. — On a COnteSté très · texte numérisé non relu

liégitimité de l'emprunt. — On a COnteSté très

souvent le droit légitime qu'a toute langue de faire des emprunts aux langues voisines. En réalité, si l'utilité et l'opportunité de certains emprunts peut être discutée, du moins le principe même est indiscutable : le langage cherche toujours dans son développement les voies les plus faciles et les plus courtes.

Or voici qu'un objet nouveau arrive de l'étranger, une voiture de chemin de fer par exemple : on prend le nom avec l'objet et on appelle cette voiture un wagon, bien que ce mot ne signifie rien d'autre après tout que voiture. On s'explique facilement pourquoi.

C'est que le mot voiture a plusieurs sens différents. Il signifie une voiture en général, et non point ces voitures spécialement aménagées pour chemins de fer. Pour arriver à cette signification spéciale, le mot wagon chez nos voisins a dû passer par plusieurs transformations ; il a été l'objet d'un travail. En le prenant tout fait, le français échappe évidemment à la nécessité de faire un travail analogue sur le mot voiture pour en spécialiser le sens. Il évite un effort intellectuel. Le procédé d'emprunt, étant plus simple, est donc préféré à l'autre.

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