Autres langues européennes. — Le russe noUS a donné
tzar, rouble, ukase, pope, steppe et quelques autres.
Le polonais, singulière particularité! ne nous a guère fourni que des noms de danses joyeuses •
r)iazurka, redowa, polka.
Du hongrois viennent des termes militaires *
liussardy shako, dolman, etc.
ISO. Langues orientales. — 1» L'héhreu, qui u'a jamais été parlé aux oreilles des Français, a cependant fourni quelques termes, la plupart empruntés à la Bible par l'intermédiaire du grec des Septante et du latin de saint Jérôme. Tels sont :
gêne (en hébreu gêi hinnorriy lieu où le roi Josias fit jeter les immondices, enfer, torture; français géhennej de là gêne) ;
satan (en hébreu satan, ennemi, adversaire) ;
séraphin (en hébreu serafim, pluriel de saraf, ange du feu) ; etc.
Mais la filiation directe que des étymologistes ont voulu établir entre le français et l'hébreu est purement imaginaire.
2° Quelques mots persans nous sont venus de l'Inde, où les navigateurs européens trouvèrent le persan établi officiellement, au xvi^ siècle, à la cour du Grand-Mogol. Les autres ont passé dans l'arabe ou le turc, qui nous les ont transmis. Ainsi :
bazar vient de bâzâr {même sens);
caravane^ de karwàn (même sens) j
échec, de éch, article arabe pour al, chah, le roi ;
pagode, de poutkoudè, temple d'idoles ;
roquer (au jeu d'échecs), de rokh, tour;
punch n'est que la transcription anglaise du persan pandj (cinq, grec pente), nommé ainsi des cinq ingrédients qui le composent.
3" Quelques mots turcs sont passés dans notre vocabulaire, les uns directement, les autres par l'intermédiaire de l'italien ou du grec moderne :
chacal, do tchakâl (même sens) ; colback, de qalpak (bonnet).
i.";i. Élément arabe. — Il faut faire parmi ces langues une place à part à l'arabe, qui a eu sur le français une influence, médiocre assurément, mais relativement beaucoup plus importante que les autres idiomes orientaux. Ce fait s'explique facilement si l'on songe aux relations qu'eurent ensemble, au moyen âge, l'Occident chrétien et l'Orient musulman, aux croisades, à la longue domination des Islamites dans le bassin méditerranéen, à leur séjour en Espagne, enfin à l'éclat que jetèrent les grandes universités de Séville, de Tolède, etc., d'où sortirent pendant longtemps les principaux livres de philosophie et de science. Ainsi c'est de l'arabe que sont venus :
alcali, de al-qall (cendres de soude) ; alchimie, — al-kîmîâ (grec kumia) ; coton, — qoton (même sens) ; élixir, — el-iksîr (la pierre philosophale) ; nadir, — nadhîr (en face de, antipode) ; orange, — narandj (même sens) ; safran, — za' ferân (même sens) ; sirop, — charâb (bas lat. sciruppum, boisson) ; zéro, — sifr, qui donne chiffre et zéro par deux
transcriptions différentes ; etc.
152. Mots d'origines diverses . — Le malais, langue sonore et facile à prononcer, paraît-il, qui sert dans l'extrême Orient aux échanges entre les commerçants des diverses nations du globe, a fourni quelques termes dont deux ou trois seulement n'appartiennent pas au vocabulaire de l'histoire naturelle :
pirogue, mot océanien, est rapporté au malais prâho
(en espagnol piroga, bateau) :
orang-outan, de ôrang tioûtang (homme des bois) , casoar, de kasouâri (même sens), ont la même originoe
En outre :
paria, bamboUy cornac, et".., viennent de Tindien; thé. du chinois. ^ , , ,
zèbre, de 1 airicam; ., . . ^ , ,, acajoUf du guarani; caïman j colibri, ouragan, du caraïbe; ^'^^ condor, de la langue des Incas;
fa/a», du mexicain: '' ^^^ --"-'■'"
mats, de 1 haïtien; ^ ^,
quinquina, du péruvien j ^,^ ^
tapioca, du brésilien; 'mxu^qi;. . .,^ . . ..j.
tatouer, du polynésienJ'"^^ oirp odm.'I ob I80 >•>
Ces mots nous sont récemment arrivés des pays lointains avec lesquels des relations, chaque jour plus fréquentes et plus faciles, nous mettent désormais en perpétuelle communication..
..;(eboqi3niî ,ol.' fK'inWl^') '^^^^