‹ Précis de gymnastique rationnelle de plain pied et à mains libresChapitre 33 sur 36 · PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS

Gymnastique.

1° La vie est une oxydation. Le diaphragme ouvre et ferme la vie ; tous les muscles de la cage thoracique sont les serviteurs du diaphragme ;

2° Tous les muscles qui prennent leur point d’appui au-dessus du diaphragme sont des muscles inspirateurs ;

tous les muscles qui prennent leur point d’appui au-dessous du diaphragme sont des muscles expirateurs. La gymnastique éducative physiologique consiste à opposer, par fonction antagoniste et synergique, ces deux grands groupes musculaires, à la façon d’un jeu d’accordéon qui s’ouvre et qui se ferme. C’est pourquoi il ne faut jamais faire compter les exécutants au cours des mouvements ; il faut les faire respirer profondément ;

3° Chaque vertèbre dorsale est le point d’appui du levier d’une côte, d’où nécessité de fixer par avance et tour à tour chaque vertèbre dorsale aün d’assurer une meilleure fonction de chaque levier costal dans le développement de la cage thoracique ;

4° On marche avec ses muscles, on court avec ses poumons, on galope avec son cœur, on résiste avec son estomac, on arrive avec son cerveau ;

5° L’enfant est un tube digestif, l’adolescent une vésicule pulmonaire, l’adulte a le devoir d’être un cerveau ;

6° Libérer des poumons, c’est libérer des cerveaux. Savoir aérer des poumons c’est savoir augmenter son capital de vie ;

Il existe un antagonisme absolu entre l’attention et la respiration forcées. A attention profonde, respiration superficielle ; à respiration profonde, attention superficielle ;

8° Le mouvement est de la pensée en acte ; la pensée est du mouvement en puissance ;

9° La valeur d’un mouvement est en raison de ses localisations nerveuses médullaires et céphaliques ; et de l’intégrité du système nerveux périphérique ;

io* Dis-moi comment tu te fatigues, je te dirai ce que tu vaux ;

ix° Dis- moi comment tu joues, je te dirai comment tu penses ;

12° L’Éducation physique comprend la Gymnastique éducative et le Sport. La Gymnastique éducative est faite d’analyse et de raison, le Sport est fait d’émotivité ;

i3° La gymnastique est au sport ce que les gammes sont à la musique ; ce que la grammaire est à la littérature, etc. ;

i4‘ Le corps humain est le meilleur des agrès de gymnastique ;

i5“ Toute gymnastique qui n’est pas respiratoire est criminelle ;

i6° La gymnastique éducative sera féminine ou ne sera pas ;

17* Toute gymnastique qui ne localise pas le mouvement et qui ne l’applique pas dosimétriquement en quantité et en qualité, n’est pas de la gymnastique ;

180 11 ne faut pas confondre mouvement et gymnastique. Le mouvement, pas plus que la parole, ne se suffit à luimême, une syntaxe le régit. Les mouvements aux agrès de suspension, trapèze, anneaux, recs, etc., sont du sport aérien à poids lourd ; ils ne sont pas de la gymnastique éducative ;

19“ La gymnastique éducative doit faire gagner en capital, santé, ce qu’on croit, à torL du reste, lui sacritieren intérêt, plaisir ;

20° Toute séance de gymnastique d’où l’on sort fatigué est une séance mal appliquée. On doit toujours sortir d’une séance de gymnastique plus fort et plus reposé qu’en y entrant.

21° La valeur pédagogique d’un professeur de gymnastique est inversement proportionnelle au nombre des agrès qu’il utilise en vue de la « forme » à obtenir ;

220 La « forme » est l’état de santé, de force, de souplesse, de résistance et de beauté, dans lequel l’entraînement physique place le corps. La forme donne plus de maîtrise en soi, rend plus courageux et plus indépendant; par elle on sait ce qu’on vaut et ce qu’on veut. Elle s’acquiert difficilement, au jour le jour, par la volonté ; elle se perd facilement, mais se reconquiert très vite quand elle a été acquise une fois pour toutes. La forme se lègue à la descendance par l’hérédité, elle est tributaire du système nerveux : « On arrive avec son cerveau » ;

23° Lés causes qui ont nui à l’Éducation physique sont : 1° la loi du moindre effort ; 20 l’automatisme humain ; 3° la recherche du plaisir ayant celle du devoir ; 4° Ie souci de satisfaire l’émotivité inférieure de la foule par l’exhibition ; 5° l’ignorance des principes de mécano-physiologie et de psycho- physiologie ; 6° l’égo-altruisme, c’est-à-dire l’idée préconçue que chacun se fait que ce qui lui est bon doit être bon à son semblable ; les bras courts ont imposé la force ; les jambes longues ont imposé la vitesse ; 70 l’absence du nu (yi»[xvoï) dans l’exécution des mouvements de gymnastique ; 8° et surtout le défaut de Méthode*

Sports.

24° On ne doit se livrer aux sports qu’après avoir développé rationnellement la cage thoracique et la capacité respiratoire par la gymnastique respiratoire éducative.

26° Le sport mal appliqué à des poitrines rétrécies frappe au cœur; il frappe au système nerveux, chez les héréditaires nerveux.

26’ — La proportion de 5 : 1 pour les aliments hydrocarbonés par rapport aux aliments azotés doit être non seulement maintenue dans tout exercice physique prolongé, mais augmentée d’après l’état physiologique du sujet au cours de l’action. Le lait, qui est un bon aliment pour un travail musculaire normal, ne peut suffire à un travail physique intense et de longue durée.

270 — L’entrainement alimentaire doit être basé sur le coefficient d’assimilation de chaque sujet. Tout sujet maigre doit engraisser avant de se livrer à nn exercice physique prolongé et intense.

28° — Tout sujet dont l’alimentation est insuffisante se met en état d’autophagisme aigu. Il semble : i° que le moment où commence cet état précède de plusieurs minutes celui où la conscience du besoin de la réparation s’éveille ; 20 que pendant l’établissement de la conscience du besoin, l’économie livre par ondée la force nécessaire prise sur ses fonds de réserve nerveux ; 3° qu’en donnant des aliments au moment où la vitesse décroît, on peut éviter l’autophagisme aigu.

29° Les excito-moteurs ne doivent être donnés qu’avec ménagement. Ils jouent le rôle d’emprunteurs. Leur action s’atténue par la répétition.

L 'alcool 11e doit être donné que quelques minutes avant la fin de l’acte musculaire pour soutenir momentanément le sujet dans le dernier effort.

3o° La fatigue des muscles de la locomotion et celle du muscle cardiaque ne vont pas forcément de pair. Le surmenage des muscles de la vie de relation peut être très violent et ne pas exister pour le cœur. La réciproque existe.

3i° Tout sujet sain qui se livre à un acte sportif prolongé et intense se met ipso facto dans un état pathologique'expérimental.

Les pertes sont en raison inverse de la valeur numérique des sujets ; la perte du poids peut atteindre plusieurs kilo-

grammes en quelques heures ; la température s’élève de i à 3 degrés ; la diminution de la capacité respiratoire est constante, de même que celle de la tension sanguine ; la force diminue; les réflexes rotuliens sont abolis; il existe du spasme des réflexes vaso-moteurs, ainsi que du tremblement fébrillaire des muscles. L’autophagie se révèle par la destruction des hématies et la diminution du taux de l’hémoglobine. L’inLoxication se révèle par l’afflux d’un nombre considérable de leucocytes polynucléaires ; la polynucléose est en raison directe de l’augmentation des leucocytes.

L’auto-intoxication, révélée par les urines, peut atteindre le coefficient très élevé qu’on retrouve dans les maladies infectieuses graves. Cet état d’empoisonnement paraît durer pendant vingt-quatre heures chez un sujet sain dont les fonctions rénales, hépatiques, cutanées, etc., sont normales.

Il peut exister un rapport inverse de i à 2 entre la toxicité des urines du jour de l’effort musculaire et les sédiments urinaires azotés et phosphorés du lendemain.

32° Si un exercice musculaire modéré augmente l’émission des chlorures, un exercice prolongé et violent peut la diminuer du quart dans les vingt-quatre heures qui suivent cet exercice.

33° Tout sujet qui veut se livrer à un acte musculaire prolongé et intense doit s’assurer de l’intégrité des diverses fonctions de son économie (cœur, poumons, foie, reins, peau, etc.)

34° La capacité respiratoire d’un coureur doit atteindre le maximum dans le repos aussi bien que dans l’effort.

35° L’entraînement est une suggestion donnée à l’état de veille.

36° Tout entraîné doit se rapprocher le plus possible du type spinal ; l’entraîneur doit prendre par devers lui tout l’effort cérébral à produire pour l’établissement des divers jugements en faveur de l’entraîné.

37° Il existe une certaine analogie entre l’automatisme d’un entraîné et celui d’un hypnotisé. Le même acte musculaire prolongé peut établir un état de subconscience somnambulique ; il est très fréquent chez les vélocipédistes dans les courses de fond. Un tel automatisme est dû probablement à la prédominance de la fonction des localisations médullaires par répétition rythmée du mouvement, sur la fonction des centres psycho-moteurs rollandiques supérieurs,

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