‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 14 sur 63 · POUR ALLER AU COMBAT · texte numérisé non relu

POUR ALLER AU COMBAT

ST DE h EMPLOI PARTIGUUER OU COMBINE DES TROIS ARMES.

Deux articles essentiels de la tactique des batailles nous restent à examiner : l'un est la manière de disposer les troupes pour les conduire au combat, l'autre est l'emploi des différentes armes. Bien que ces objets appartiennent à la logistique et à la tactique secondaire, il faut avouer cependant qu'ils forment une des principales combinaisons d'un général en chef lorsqu'il

{*) Tûul ce qui concerne Jes formations appartient plutôt à la logistique qii'à la lactique ; mais j'ai cru que ce chapitre pouvait bi^n rester au chapitre qui lui était destiné par sa rédaction première (eo 183t9), car la formation dépend de l'emploi, et l'emploi dépend aussi un peu de la formation la plus familière à une armée*

Formation et emploi des trois armes, 19i

s'agit de livrer bataille ; dès lors, ils entrent nécessairement dans le plan que nous nous sommes proposé.

Ici les doctrines deviennent moins fixes, et Ton retombe forcément dans le champ des systèmes; aussi n'est-ce pas sans étonnement que nous avons vu tout récemment un des écrivains modernes les plus célèbres prétendre que la tactique est fixée, mais que la stratégie ne l'est pas, tandis que c'est précisément le contraire.

La stratégie se compose de lignes géographiques invariables, dont l'importance relative se calcule d'après la situation des forces ennemies, situation qui ne peut jamais amener qu'un petit nombre de variations, puisque les forces ennemies se trouveront divisées ou rassemblées, soit sur le centre, soit sur une des extrémités. Rien de plus possible que de soumettre des éléments, si simples à des règles dérivant du principe fondamental de la guerre, et tous les efforts d'écri-vains méticuleux pour embrouiller la science en voulant la rendre trop abstraite et trop exacte ne sauraient faire naître un doute à ce sujet. Il en est de même des combinaisons des ordres de batailles, qui peuvent être soumises à des maximes également rapportées du principe général. Mais les moyens d'exécution, c'est-à-dire la tac-

19Î Chapitre VIL

tique proprement dite, dépendent de tant de circonstances, qu'il est impossible de donner des règles de conduite pour les cas innombrables qui peuvent se présenter. Pour s'en assurer, il suffit de lire les ouvrages qui se succèdent tous les jours sur ces parties de l'art militaire sans qu'aucun puisse s'accorder ; et si l'on met en présence deux généraux distingués de cavalerie ou d'infanterie, il est bien rare qu'ils parviennent à s'entendre parfaitement sur la méthode la plus convenable pour exécuter une attaque. Ajoutons à cela l'énorme différence qui existe dans les talents des chefs, dans leur énergie, dans le moral des troupes, et nous serons convaincus que la tactique d'exécution sera éternellement réduite à des systèmes contradictoires, et que ce sera beaucoup si l'on parvient à poser quelques maximes régulatrices, qui empêchent les fausses doctrines de s'introduire dans les systèmes qu'on adoptera.

Formation de la ligne de bataille, I8|

Page 1