‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 21 sur 63 · Chapitre final tHè · texte numérisé non relu

Chapitre final tHè

mandés : un bon système de recrutement et un bon système de réserves nationales, le général n'explique pas ce qu'il entend par Le mot bon, car à l'époque où il l'écrivait, les vues à cet égard ne variaient pas sensiblement dans les grandes puissances de l'Europe. Depuis lors, il n'en a pas été de même, et il convient de faire connaître plus en détail les idées du général Jomini à cet égard. Il les a émises tout d'abord dans sa brochure sus-mentionnée de 1866, disant ce qui suit, aux pages 16-22 :

« Une question bien plus sérieuse que toutes les précédentes est celle des institutions organi* ques du recrutement ; elle est si grave qu'il serait impossible de la traiter à fond dans les bornes d'une lettre, je ferai seulement observer que la Prusse se trouve à cet égard dans une position tout exceptionnelle. Depuis le père de Frédéric-le-Grand qui, avec une population de deux millions d'âmes, avait levé et organisé une superbe armée de soixante-dix mille hommes, l'état militaire a toujours été relativement exagéré. Frédéric, après la conquête de la Silésie, avec une population à peine égale à celle de la Belgique actuelle, avait une armée permanente de 150 à 180 mille hommes (grâce à l'enrôlement

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exercé dans les petits états de l'Empire germanique).

» Sous ces deux règnes, Potsdam, la vraie capitale, n'était qu'une caserne : la nation, durant un siècle, fut soumise à une sorte de régime militaire, et l'uniforme était le seul titre à la considération ; aussi l'esprit militaire survécut-il à la désastreuse campagne de 1806, bien que l'armée dût être réduite, par le traité de Tilsit, à cinquante mille hommes.

» Le gouvernement, secondé par Stein, Hardenberg, le chef d'état-major Scharnhorst et la Société du Tugendbund, adopta alors la sage mesure d'appliquer au pays un sytème de milices non actives, à peu près ce qui existait en Suisse, et qui avait excité l'admiration de Frédéric, lorsqu'il écrivait VHistoire de son temps. Ce n'était pas précisément une levée en masse comme celle que le comité de Salut public, de déplorable mémoire, adopta en 1793, et qui, opérant sur la moitié seulement des départements français, amena 1200 mille hommes sous les drapeaux. Cette terrible mesure, appliquée immédiatement à toute la population môle de dix-huit à quarante-cinq ans, n'était que passagère, tandis que le système prussien demeurait permanent, mais ne devait être appliqué que partiellement

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