‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 22 sur 63 · Chapitre final. dâl · texte numérisé non relu

Chapitre final. dâl

en divisant la population en trois ou quatm catégories, qui seraient mises en activité Tune après l'autre, selon les circonstances.

» Cette première organisation prussienne, faite en quelque sorte secrètement pendant l'occupation des Français, donna en 1813 plus de deux cent mille hommes levés sur le territoire de l'ancienne monarchie de Frédéric, c'est-à-dire environ quatre à cinq millions d'habitants ; les bataillons organisés d'avance sur le papier furent promptement formés ; on sait les importants services qu'ils rendirent à la résurrection de la monarchie.

» Le système avait trop bien réussi pour que le gouvernement prussien n'en profitât pas aiiu d'augmenter la force de son armée en doublant ses réserves mobiles et appliquant la môme oi* ganisation aux riches provinces de la Saxe et de la Westphalie, qui lui furent octroyées par le congrès de Vienne ; acquisitions qui élevèrent sa population à seize millions d'habitants pouvant produire, en n'exceptant personne du service, près d'un million de soldats, au lieu de trois cent mille qu'aurait produit un système permanent proportionné à la population.

» La rivalité entre l'Autriche et la Prusse créée par Frédéric lors de la guerre de 1742, aggravée

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lors de la succession de Bavière en 1770, s'était manifestée vers la fin de la République française par l'établissement d'une Confédération du Nord de rAllemagne, pour le maintien de la neutralité sous le protectorat de la Prusse. Ravivée en 1806 par la renonciation de l'empereur François II au titre d'Empereur d'Allemagne et par la dualité résultant de la malheureuse confédération de 1815, cette rivalité devait tôt ou tard aboutir à la lutte de 1866, si aucun obstacle extérieur ne s'y opposait.

» Que va-t-il résulter des enseignements de cette lutte et de l'organisation un peu exagérée de la puissance militaire prussienne ? Appliquée à sa population actuelle, elle pourrait, au besoin, mettre sur pied 1300 mille hommes (*) , et tous ses voisins sont intéressés à ne pas rester dans une situation inférieure.

» Les uns voudraient imiter purement et simplement cette organisation menaçante.

» D'autres, adversaires nés de toutes les armées permanentes , soit par utopie , soit par

(*) Je ne donne que des chiffres approximatifs pour éviter de minutieuses recherches, mais ils suffisent pour des appréciations relatives : il y en a qui portent ce chiffre même à quinze cent mille.

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