‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 23 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

fausse philantropie, voudraient que Ton procédât à une organisation de toute la population, sans exception, en gardes nationales ou civiques, à peu près comme en Suisse.

» Un troisième parti proposerait un système mixte emprunté aux deux précédents, comme en Belgique, c'est-à-dire une organisation permanente pour l'armée active et des milices pour les éventualités exceptionnelles.

» Il faudra bien adopter un de ces partis, à moins qu'un congrès européen, établissant un tribunal amphictyonique, ne fixât à chaque puissance la limite des forces qu'elle pourrait lever à proportion de sa population ; ce qui serait très platonique, mais à peu près impossible.

» N'ayant pas mission de décider la question. on me permettra de croire que la conscription sera toujours, avec de certaines modifications, le système le plus rationnel et le plus pratique. Telle qu'elle existe aujourd'hui en France, cette institution laisserait peu à désirer si l'on y ajoutait quelques perfectionnements, entr'autres celui de suspendre l'exemption à prix d'argent )>our n'admettre que le remplacement par des hommes aptes à faire de bons soldats ; avec cette amélioration, elle serait assez élastique pour assurer de bonnes réserves et suffire à toutes les é\ en-

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tualités présumables de guerre, sans arracher à leurs foyers des hommes indispensables à la vie sociale pour en faire de médiocres guerriers. D'ailleurs elle n'exclut nullement des organisations secondaires éventuelles, dont la mise à exécution pourrait être nécessaire passagèrement. Ce système mixte, qui se rapprocherait de celui de la Belgique, parait beaucoup mieux approprié à la France que celui des Prussiens, et y a été plusieurs fois pratiqué, en 1799, en 1809, en 1812 et en 1814. Si on l'abandonnait jamais pour adopter l'organisation générale des nations en milices non soldées, en bayonnettes délibérantes comme toutes les gardes nationales, on pourrait revoir les grandes invasions du moyen-âge et des avalanches de peuples se ruant les uns sur les autres.

)) Espérons que ce système, le seul peut-être qui convienne à la Suisse et à ses montagnes, mais qui est inapplicable aux grandes puissances, restera à l'état de rêve, et si ses partisans voulaient le justifier par l'exemple des Etats- Unis, je leur dirais que si le Nord a triomphé, ce n'est pas par ses milices, mais par les cinq cent mille volontaires enrôlés à force de dollars, qui ont coûté trois fois plus qu'une armée per-

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