‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 24 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

manente, et n'avaient à combattre que des milices sans expérience comme eux. »

L'année suivante, le général Jomini, dans sa correspondance particulière, est revenu souvent sur ce sujet à propos des affaires militaires et politiques de l'Europe, qui sortaient d'une grave crise pour s'acheminer à une autre non moins grave.

En avril 1867, il nous écrivait à Lausanne les lignes ci-après :

Mon cher Colonel. — Merci pour renvoi du journal de Baltimore, contenant Tarticle du général Sigel; dois-je vous le renvoyer?...

Je ne sais trop que vous dire de ce qui se passe f) , je ne puis presque plus sortir de mon fauteuil, où je n'apprends que ce que disent les journaux.

Vous connaissez sans doute la brochure du général Trochu, intitulée « L'armée française en 1867 », publiée chez Amiot, rue de la Paix, car elle fait grand bruit dans le public. A l'exception des 20 dernières pages, c'est une œuvre d'un médiocre intérêt, mais ces 20 dernières pages sont tout ! ! Si je n'avais pas été empêché par mes devoirs envers la Russie, j'aurais offert dans ma brochure une conclusion à peu près pareille, mais plus explicite encore quant aux moyens

C) Alerte de la question du Luxembourg.

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d'exécution. — Il ne faut pas se dissimuler cependant que si c'est le seul moyen d'obtenir un résultat immédiat^ il est terriblement scabreux dans un pays divisé par quatre partis. Si vous Tavez lu et si vous m'en communiquez votre appréciation, soyez prudent, la poste ouvre vos lettres. Cette appréhension me force à être avare de mes jugements, que Ton pourrait mal interpréter malgré leur innocence, car au fond ils sont tous dictés par le désir d'éviter de nouvelles tribulations à l'Europe et à la France.

En définitive, cette brochure ou petit volume du général Trochu ne peut que contribuer à faire passer le projet de loi qui va se discuter ces jours-ci, à moins qu'il ne le remplace. Adieu, mon cher. Votre dévoué. G»» J. — Passy, 8 avril 1867.

On sait que la conclusion du général Trochu, qui recueillait cet assentiment de l'auteur du Précis, consistait en somme à perfectionner le système de la loi organique française de 1832 dans le sens du service personnel obligatoire à la prussienne. Tenant compte des besoins immédiats, il s'efforçait d'arriver au plus tôt à une mixture qui eût donné, au lieu d'hommes de sept ans d'activité plus ou moins» effective sous les drapeaux, une armée active de huit ans de service, dont cinq dans l'activité et trois dans la réserve de la dite armée. Avec l'abaissement de la taille de 1™56 à 1°*54, avec la suppression des

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