‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 30 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

Tout gouvernement avait en effet le devoir do s'occuper soigneusement de telle matière. San^ retard il devait assurer à ses divers transports militaires, soit habituels, soit éventuels, soit de troupes, soit de matériel ou d'approvisionnements, les avantages de cette nouvelle voirie qui venait décupler, centupler même tous ceux do l'ancienne, mais nécessiter en même temps des modifications et des compléments notables aux institutions et organisations en vigueur.

L'idéal eût été sans doute alors de mettre les armées en mesure de disposer elles-mêmes, par elles seules, des voies ferrées, comme elles disposent des routes et voies ordinaires, il eût fîillu militariser tout ce qui concerne l'établissement et le fonctionnement des réseaux ferrés, créer une arme des chemins de fer ainsi que l'on créa, il n'y a pas si longtemps, une arme du génie, une de l'artillerie et de ses trains. Comme cellesci, la nouvelle arme aurait eu ses branches diverses: construction, entretien, exploitation, traction, etc., soumises, chacune, à ses règlements particuliers de recrutement, d'instruction, de service, dans les termes du règlement général et de la hiérarchie normale.

Cette création militaire n'ayant pas été possible, par suite du caractère essentiellement civil

qu'ont revêtu, dès leur fondation, les entreprises les plus importantes, il fallut recourir à un système mixte, qui garantît la rapidité, la sécurité, l'ajustage, le tonnage et autres qualités techniques du transport, en même temps que son efficacité au point de vue militaire. C'est ce régime mixte qui existe aujourd'hui dans toute l'Europe, ayant été institué à l'instar de l'organisation prussienne, dont les méthodes de transports militaires par voies ferrées, jointes à une répartition territoriale ad hoc de troupes, venaient d'obtenir, à Wissembourg, à Wôrth, à Spicheren, à Strassbourg, à Metz, la sanction de l'expérience de la façon la plus éclatante. Ce n'est pas rabaisser les brillants succès des armées de l'empereur Guillaume P"* pendant la campagne de France que d'en faire remonter les causes principales à l'opération préalable bien connue aujourd'hui sous le nom de mobilisation^ comprenant aussi, outre l'organisation territoriale ad hoc y la concentration, le déploiement, la dislocation par voies ferrées. Ce fut cette opération-là, excellemment conduite par les soins prévoyants et minutieux de l'état-major du maréchal Moltke, qui permit aux armées allemandes de prendre l'initiative, et d'arriver aux premières batailles, non seulement en bon ordre, au complet, en oflfen-

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