Chapitre final
sive, mais en effectifs fort supérieurs à ceux des Français, surpris en plein désarroi de ralliement des hommes à leurs unités tactiques et de formation des corps d'armée (*). Du premier choc victorieux sortirent naturellement et par les mômes causes, renforcées d'une artillerie supérieure et de l'ascendant moral acquis, toutes les autres victoires allemandes.
Une bonne mobilisation^ c'est-à-dire une bonne entrée en campagne par voies ferrées, constitue donc un des gages de succès à ajouter aux six indiqués par le général Jomini dans son Résumé de la stratégie, Chapitre III, article 30 (voir P® partie, pages 465-466) ou plutôt une variante spéciale et plus précise à introduire dans l'énumération faite au 6® alinéa de ce Résumé,
A la suite de traités passés entre les gouvernements et les compagnies de chemins de fer, divers actes officiels, lois, décrets, règlements, ordonnances, instructions, etc., etc., furent rendus en tous pays, embrassant toute la matière et la traitant sous toutes ses faces, dans son ensemble comme dans ses détails. Aussi aujour-
(*) En 1870, la guerre a été déclarée par la France le 19 juillet, et le 4 août les Allemands avaient environ 400 mille hommes sur le théâtre des opérations, au-delà de leur frontière.
3oO Chapitre final
d'hui, ce qui concerne le service militaire des chemins de fer forme toute une nouvelle littérar a tare, très volumineuse même, et non à tort, car il y avait de nombreuses mesures à prendre, h préciser, à ajuster, se liant intimement à l'usGge des trains et des gares, si Ton voulait en avoir les bénéfices sans les inconvénients et les dangers.
Pour les temps de guerre entr'autres, l'unité d'action exigeait que les pouvoirs militaires eussent la prépondérance sur les services civils, et c'est ce qui est prévu partout.
En France, par exemple, — où Ton a d'ailleurs reparti les troupes en corps d'armée territoriaux permanents , comme en Allemagne , première condition d'une prompte mobilisation des hommes et des corps — les chemins de fer passent sous l'autorité soit du ministre de la guerre, qui l'exerce avec le concours d'une Commission militaire supérieure des chemins de fer, présidée par le chef d'état-major général, soit du commandant en chef, chacun dans sa zone. Un directeur général du service des chemins de fer et des étapes, un directeur aux armées, des commissions de campagne, des commissions et souscommissions de réseaux, des commissions ou commandements de gares, neuf sections de che-