‹ Prʹecis de l'art de la guerreChapitre 37 sur 63 · Chapitre final · texte numérisé non relu

Chapitre final

vices qui sont, en somme, beaucoup moinn importants ;

2® Couvrir la mobilisation comme on couvre tant d'autres opérations militaires, c'eyt-à-dire par un corps d'avant-postes s'appuyant sur quelques fortes positions à l'abri d'être surprises, bloquées ou tournées. Ces qualités-là n'étant, à la vérité, pas souvent réunies, la plus sûre couverture serait bien une armée spéciale d'avantgarde, toujours prête à l'offensive et allant bravement livrer bataille à deux ou trois étapes en avant de la concentration de ses masses.

Arrêtant là nos remarques relatives à la théorie de l'emploi militaire des chemins de fer, nous devons, avant de quitter ce grave sujet, revenir à ce qu'en dit le général Jomini dans sa brochure de 1866 ; et cette fois nous nous permettrons de profiter de la recommandation qu'il nous a faite de compléter et même rectifier, s'il y avait lieu, ses appréciations.

Aux pages 23 à 28 de la dite brochure, on lit ce qui suit :

On m'excusera, si je profite de cette polémique pour soulever une question incidente qui, selon moi, n'oflre pas moins d'intérêt que la précédente : c'est Téturfe sérieuse des changements que les chemins de fer

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exerceront désormais sur la direction générale des opérations de la guerre, en un mot, sur la stratégie.

Ici tout tombe dans le vague, dans l'imprévu ; aucun moyen d'enchaîner la victoire par les combinaisons habiles d'une guerre méthodique, calculant d'avance les résultats de mouvements basés sur les distances à parcourir dans un temps déterminé, exécutés au moyen de chaussées ordinaires, sur toute la surface du théâtre de la guerre.

Toutefois, aussi bien et plus encore que dans la tactique, les principes fondamentaux conservent toute leur importance. Ceux de ces principes qui ont inspiré Marlborough, en 1702 ; le prince Eugène de Savoye, n \ en Ifibe ; Frédéric-le-Grand, en 1757 ; Napoléon à Marengo, Ulm, léna et Dresde, seront toujours des modèles à imiter. Mais combien il sera difficile de compter sur le résultat de l'exécution ! La mise en action des forces respectives limitée pour ainsi dire aux zones de chemins de fer, au lieu d'être étendue à toute la surface du théâtre de la guerre, rend toute habile manœuvre sinon impossible, du moins d'un succès fort incertain, et le dieu Hazard^ qui eut toujours sa part d'influence dans les opérations de la guerre, sera désormais un rival inquiétant pour les généraux.

C'est surtout dans une guerre défensive qu'il sera difficile de compter sur l'efficacité d'une manœuvre concentrique pour porter ses forces alternativement d'une zone à l'autre, mouvement qui ne pourrait se faire que sur des chaussées en terre et à petites marches.

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