Chapitre final
» oU le sort de Vltalie doit être décidé au milieu i& de juin.
Or on sait comment, deux mois après, cette prophé- 4ie fut réalisée, le 14 Juin, à Marengo, au centre de cette plaine de Tortone.
Aujourd'hui Napoléon I«' serait lui-môme dans V\mpossibilité de rien faire de pareil; et c'est un grave sujet de méditation pour tous les généraux, aussi bien que pour tous les écrivains militaires, qui devraient rivaliser de zèle pour combler la lacune existant désormais dans la théorie de l'art de là guerre. Si mon cerveau n'était pas affaibli par l'âge et par de cruelles infirmités, je me serais fait un devoir de remplir cette tâche aussi bien qu'il me serait possible de le faire.
Un invalide quasi-nonagénaire,
Cfi 34 octobre 1866.
Avec tout le respect que nous portons à la mémoire du Maître, nous répéterons ici que la lacune, d'ailleurs remplie aujourd'hui, qu'il signalait en 1866 dans l'emploi technique et militaire des voies ferrées, n'était pas si grande qu'il se le figurait quant à leur rôle en combinaisons stratégiques. D'abord il faut dire, à l'excuse de rillusion de l'honorable général, que depuis
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rannée 1866 les ehemins de fer se sont considérablement développés et perfectionnés.
Toutes les surfaces éventuelles de théâtres de guerre européens en sont, non pas simplement traversées sur d'étroites zones, mais littéralement sillonnées en tous sens. Par suite des progrès de la circulation commerciale autant que des réseaux complémentaires construits et exploités par les gouvernements, il y a maintenant bien plus de voies ferrées qu'il n'y avait, en 1800, de voies carrossables ordinaires, et ce progrès se continue. De plus, les trains ont acquis une rapidité, une exactitude, une sécurité qu'ils ne possédaient pas il y a une trentaine d'années. De ces perfectionnements, vraies merveilles de notre fin de siècle, le nonagénaire de 1866 ne se doutait guère dans sa paisible retraite de Passy ; mais il en pressentait bien l'utilité, la nécessité^ môme, quand il recommandait de compléter les réseaux des compagnies par des réseaux spécialement stratégiques (*) .
Loin d'avoir fait tomber dans le vague les calculs relatifs aux grandes opérations, la disposition des voies ferrées actuelles permet de donner plus de précision à ces calculs. La belle
0 Voir ci-dessus, page 367.